Entre marche et découvertes

En se baladant en forêt, il arrive de croiser des endroits donnant lieu à des anecdotes ou empreints d’histoire. On peut ainsi randonner en s’instruisant…
En se baladant en forêt, il arrive de croiser des endroits donnant lieu à des anecdotes ou empreints d’histoire. On peut ainsi randonner en s’instruisant…-ARochau - Fotolia

La randonnée, ce n’est pas que de la marche pour le sport. On peut aussi s’instruire sur les lieux traversés et ainsi faire de jolies découvertes. Visite guidée.

Nos Ardennes regorgent de coins insoupçonnés, de chemins cachés, de forêts étonnantes, de points de vue stupéfiants. Pour les appréhender, il existe pour les randonneurs des parcours balisés comme le GR ou le GTA (Grande traversée des Ardennes). Pour les promeneurs, villages et communes ont balisé de sages itinéraires, souvent accessibles avec de petits enfants ou des poussettes.

Mais il manque un élément à tous ces parcours: une histoire. La description des monuments, des lieux-dits ou des vestiges rencontrés; des légendes qui hantent des hameaux, des anecdotes sur d’anciens occupants des lieux… C’est précisément ce qui intéresse Didier Demeter et qui guide aujourd’hui ses randonnées.

Passionné d’alpinisme, le fringant septuagénaire a dû cesser cette activité pour des raisons de santé. Mais pas question d’abandonner le grand air et la nature. Il y a quelques années, il décide donc de se lancer dans la randonnée. Et d’étudier les lieux qu’il traverse. «Je me basais sur des guides anciens, mais ils n’étaient pas très bien rédigés et prêtaient souvent à confusion.» Bref, notre homme se perd dans la nature et décide donc de combler ce manque, en décrivant les randonnées qu’il prépare pour lui.

Et tant qu’à faire, autant que cela profite aux autres: il publie des cartes descriptives en 2009. Aujourd’hui, Didier Demeter remet le couvert et sort aux Éditions du Gerfaut deux volumes contenant au total 30 randonnées en Ardenne (lire en page 15).

Balade, randonnée ou promenade?

«Je dirais que balade est un terme générique, résume l’auteur. En revanche, il faut distinguer promenade et randonnée. La première ne nécessite pas d’équipement particulier, ne compte que quelques kilomètres et peut même se faire avec une poussette à la main. Pour une randonnée, on part toute la journée et on s’équipe pour faire face aux imprévus.»

Une fois cette distinction intégrée, on peut choisir son itinéraire. Selon la difficulté, mais aussi pour les points d’intérêts rencontrés. «C’est un critère essentiel pour moi, souligne Didier Demeter. Je commence toujours par me renseigner sur la région où je réalise mon itinéraire et ce sont les points d’intérêt comme un lieu-dit, une ancienne bâtisse qui guident le tracé.»

Sur chemins et sentiers

Les 30 randos décrites dans ses ouvrages se trouvent toutes en Ardenne (au sens large du terme). « Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autres endroits intéressants ailleurs en Wallonie, s’empresse de répondre l’auteur. Le Borinage est très vert, par exemple. Mais l’ennui dans ces régions, c’est qu’il y a beaucoup de chemins et de sentiers asphaltés.» Résultat: les GPS envoient les véhicules motorisés sur ces petites routes, qui en deviennent peu agréables pour la randonnée.

Car c’est l’un des critères d’une rando de qualité: éviter les endroits où l’on est confronté à d’autres usagers que les piétons. Il faut donc favoriser les chemins herbeux ou empierrés et, bien sûr, des terrains variés: plat, vallon, forêt, campagne, ruisseau… Pour y parvenir, Didier Demeter n’a pas épargné sa peine: pour les 30 randos décrites dans le détail, il a effectué 178 parcours en trois ans et demi, soit une septantaine de randos par an.

Il ne reste plus maintenant qu’à apprivoiser les plus récalcitrants à la marche. «Il faut commencer par des itinéraires courts, avec de jolis points de vue et des lieux intéressants. Et ça viendra tout seul.»