Il est fini le temps de la chasse au trésor

25 années et quelques milliers de tonnes de terre déplacées après sa régionalisation, l’archéologie part à la rencontre du public.

Le temps où les archéologues venaient se coucher devant les bulldozers de la place Saint-Lambert, à Liège, pour les empêcher de démolir des vestiges médiévaux, est définitivement révolu. À l’époque, avant 1990, les services de l’Archéologie n’étaient pas encore intégrés au service du Patrimoine et à l’Aménagement du territoire, se souvient Ghislain Geron, directeur général.

À l’époque, l’Archéologie n’était pas encore régionalisée. À l’époque, il n’y avait que huit archéologues pour l’ensemble du territoire wallon. À l’époque, c’était… la préhistoire de l’archéologie.

Pas une grande expo

Un quart de siècle plus tard, tout cela a considérablement changé et l’Archéologie wallonne, forte de ses 160 agents, célèbre ses 25 années d’autonomie. Pour l’occasion, elle aurait pu faire une grande exposition prestigieuse, à Namur, avec des pièces exceptionnelles tirées de ses réserves et provenant des différentes fouilles wallonnes. «Mais nous avons préféré aller vers les gens et multiplier les événements», explique Jean Plumier, directeur de l’Archéologie. Ce sont donc une cinquantaine d’expositions et autant d’animations, une quinzaine de balades et de festivités, des colloques, des ouvertures de chantiers qui s’égrèneront tout au long de l’année, de Montauban à Ploegsteert et de Bruxelles à Stavelot.

Les Wallons sont curieux

Parce que l’archéologie est populaire en Wallonie. «Dès qu’on fait un trou quelque part, les gens défilent pour venir voir», constate Pierre Paquet. Les écoles sont intéressées et les Wallons sont curieux, pas seulement lorsqu’ils sont en vacances à l’étranger. Même si, et c’est là le paradoxe, les archéologues peuvent aussi être considérés comme des empêcheurs de bâtir en rond…

Cela fait partie des nouvelles missions de l’archéologie: découvrir, certes, approfondir la connaissance du passé, mettre en valeur notre patrimoine mais aussi s’intégrer dans un processus d’aménagement du territoire global qui recouvre tous ces aspects.

Depuis qu’elle est régionalisée, l’archéologie s’est professionnalisée, est devenue systématique et préventive. Il est fini le temps de l’érudit local qui partait à la recherche d’un trésor, armé d’une simple pioche et d’une brouette, au gré de son inspiration. Même si, au-delà des services régionaux, il n’y a pas moins de 260 associations actives dans le secteur de l’archéologie en Wallonie. Quand on vous disait que le Wallon était curieux!

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