Santé

Épilepsie: non, ce n’est pas une maladie mentale

46% des sondés connaissent quelqu’un dans leur entouragequi souffre d’épilepsie.
46% des sondés connaissent quelqu’un dans leur entouragequi souffre d’épilepsie. -Reporters / BSIP

En Belgique, une personne sur 150 souffre d’épilepsie. Une maladie neurologique en proieà de nombreux préjugés.

 

L’épilepsie touche 60 000 personnes en Belgique. Selon les estimations, 150 000 Belges connaîtront un épisode épileptique dans leur vie. Cette affection neurologique chronique est la plus fréquente après la migraine. Pourtant, elle reste largement méconnue et stigmatisée.

L’épilepsie est aujourd’hui entachée de nombreux préjugés aux conséquences psychosociales lourdes pour le patient: sous-emploi, anxiété, dépression, troubles sexuels, baisse de socialisation, etc. La stigmatisation est liée au manque de connaissance de la maladie mais aussi au caractère imprévisible et impressionnant des crises. «Cette stigmatisation de l’épilepsie est grave car elle inquiète davantage le patient que son propre problème de santé», regrette le Dr Michel Ossemann, président de la Ligue francophone belge contre l’épilepsie.

Pas une maladie mentale

Cette dernière a réalisé trois enquêtes en janvier 2014. Une façon d’évaluer à quel point l’épilepsie restait une grande inconnue auprès de la population, des patients, des proches et même des professionnels de la santé.

Ainsi, 40% des 404 personnes sondées au sein du grand public ne savent pas qu’il s’agit d’une affection du cerveau et 32% d’entre elles pensent que l’épilepsie est une maladie mentale.

Or, le cerveau des personnes qui en souffrent fonctionne, en général, parfaitement bien entre les crises, selon le Dr Ossemann. L’épilepsie est un désordre du fonctionnement cérébral. Les crises sont dues à un ensemble de facteurs internes et externes (troubles vasculaires, accidents, etc.), favorisées par des stimuli divers (stress, alcool, fatigue, etc.).

Toujours d’après les sondages, 65% de la population estiment que les crises d’épilepsie ne se traduisent que par des convulsions et une perte de connaissance. «Les crises se présentent sous de nombreuses formes. Certains patients n’auront pas d’absences, d’autres ne ressentiront que de légers picotements sur le visage », souligne le président.

Des traitements à vie ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les idées fausses sont également ancrées dans les esprits des patients eux-mêmes et des professionnels de la santé. Ainsi, respectivement 35% et 12% d’entre eux sont convaincus qu’une personne qui prend des médicaments contre l’épilepsie devra les prendre toute sa vie. «Tout dépend de la fréquence des crises et de l’histoire médicale individuelle du patient », explique le Dr Michel Ossemann. Sous forme de pilules, sirops ou granulés, ces médicaments agissent aujourd’hui de manière préventive pour 60% des patients. Une intervention chirurgicale du cerveau peut être envisagée dans certains cas.

À l’appui de ces résultats, la Ligue francophone espère mettre le doigt sur les messages à renforcer et les idées erronées à effacer. À l’occasion de la Journée européenne de l’épilepsie le 10 février prochain, la Ligue inaugurera un cycle de conférences de deux ans, destiné à enrichir les connaissances des patients, des professionnels de la santé et de la population.