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2014 sous le signe du patrimoine

Le château Mondron, à Jumet, l’un des trois bâtiments qui pourraient faire l’objet d’un classement en 2014.
Le château Mondron, à Jumet, l’un des trois bâtiments qui pourraient faire l’objet d’un classement en 2014.-

Charleroi veut se réconcilier avec son patrimoine: réunion de sensibilisation, investissements et projets de classement sont à l’étude.<

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Un investissement de plus de deux millions au budget, une réunion inédite d’information pour les propriétaires privés de bâtiments remarquables, l’introduction de trois dossiers de demande de classement: à Charleroi, l’année 2014 semble placée sous la bonne étoile du patrimoine.

Classé parmi les joyaux du patrimoine de Wallonie, l’hôtel de ville (l’un des 56 monuments classés de Charleroi) va bénéficier d’un important programme de rénovation et de remise en conformité.

Le beffroi doit être accessible

Il inclut notamment l’amélioration de l’accessibilité au beffroi, reconnu par l’Unesco. «Une condition indispensable à son maintien sur cette liste prestigieuse», insiste l’échevine de tutelle Véronique Salvi (cdH).

Tandis que son cabinet travaille avec Espace Environnement à l’organisation d’une réunion inédite (dans le premier semestre 2014) des propriétaires privés de bâtiments remarquables (sensibilisation aux aides régionales pour conserver le patrimoine), trois demandes de classement sont à l’examen chez le ministre Carlo Di Antonio.

La première porte sur la maison Gaspar-Thibaut à Gosselies. Construite vers 1900 pour l’ingénieur des mines Louis Thibaut, la demeure présente une façade de style néo-renaissance intégrant des éléments de décor Art Nouveau. Son intérieur n’est pas sans intérêt. Il compte notamment la présence d’une porte-éventail dont les battants en forme de diagonale s’ouvrent et se ferment grâce à un système breveté en 1899.

Un autre bâtiment privé cher à la mémoire des Carolos fait aussi l’objet d’une demande, c’est le château Mondron, à Jumet Hamendes. «Nous avons retravaillé le dossier sous son aspect social», note Salvi. Rien de plus logique quand on connaît un tant soi peu l’histoire du bâtiment, emblème d’un quartier né de l’industrie verrière. Sa tour blindée aménagée pour faire face aux émeutes après le soulèvement de la classe ouvrière en 1886, sa façade, ses vitraux, sa toiture et deux de ses 47 pièces sont proposées au classement.

Au centre de délassement

Côté public, c’est le «paquebot» du centre de délassement de Marcinelle, dessiné par l’architecte Jacques Depelsenaire, décédé en 2009, que la Ville voudrait voir protéger. «À ce jour, aucune œuvre de cet architecte n’est encore reconnue», dit l’échevine en rappelant que ce «prix de Rome» a pourtant contribué à marquer le paysage avec notamment le palais de justice ou l’institut du verre en cœur urbain. Au travers de son mécanisme de subsidiation à 60%, le classement serait aussi une bonne chose pour aider la ville à restaurer ce bien dont la détérioration s’accélère.