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« Je suis un Francophone insoumis »

Bernard François, administrateur du Groupe François.
Bernard François, administrateur du Groupe François.-EdA

Bernard François, vous êtes également le représentant des fabricants wallons de granulés de bois et plaquettes forestières et vous craignez que la Flandre et les panneautiers/papetiers s’accaparent les ressources forestières wallonnes.

Une crainte fondée ?

Oui. Il faut savoir que Fedustria, la fédération belge du bois, est aux mains de quelques industriels flamands : des panneautiers et des papetiers. Fedustria exerce un lobbying auprès des cabinets ministériels et de l’Office économique wallon du bois (OEWB). Mais la fédération défend uniquement la cause des panneautiers et papetiers. Il se préparait un décret interdisant aux scieurs wallons de pouvoir vendre leurs sous-produits, sciures et plaquettes, au secteur Bois-Énergie. Ces sous-produits ne pourraient plus être brûlés. Ils reviendraient de facto aux panneautiers qui retrouveraient leur monopole. Je n’ai rien contre la Flandre. Mais je suis un Francophone insoumis.

Le secteur bois-énergie n’est pas représenté au sein de Fedustria ?

Non, ni dans le jeune Office économique wallon du bois. Cela fait plusieurs années que Fedustria cible le Bois-Énergie, un secteur d’activité naissant. À l’époque, on ne s’en est pas occupé. On se préoccupait davantage des soucis techniques liés au développement du Bois-Énergie. Un communiqué de presse de Fedustria et de Cobelpa (association des fabricants de pâtes, papier et cartons de Belgique), relayé par l’OEWB m’a fait bondir. L’office relaie des propos qui crachent sur le Bois-Énergie. Il y a deux mois, les fabricants de granulés de bois et de plaquettes forestières se sont rassemblés. Et nous avons décidé de nous regrouper.

En tant que représentant des fabricants wallons de granulés de bois et plaquettes forestières, que souhaitez-vous ?

Une répartition équitable des ressources forestières. Le Bois-Énergie ne représente que 7,5 % de la consommation de bois d’industrie. Les augmentations de capacités décidées par le secteur panneautier/papetier pour 2014, représentent à elles seules l’équivalent de toute la consommation actuelle du secteur Bois-Énergie en Wallonie. Il manque une véritable politique biomasse-énergie en Wallonie. Il faudrait se mettre à table avec le Gouvernement et déterminer les besoins actuels et futurs de la population en matière de plaquettes et de pellets. Et à partir de là, déterminer les millions de tonnes de bois nécessaires au Bois-Énergie en Wallonie par an.¦

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