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La RTBF pourrait vendre ses antennes

La vente des antennes de la RTBF est une des pistes budgétaires prévues par son contrat de gestion.
La vente des antennes de la RTBF est une des pistes budgétaires prévues par son contrat de gestion.-BELGA

La RTBF s’apprêteraità vendre ses émetteurs pour les relouer ensuite, afin d’atteindre un équilibre budgétaire.

 

L’année 2014 sera une année difficile pour la RTBF avec sa dotation en statu quo et un budget en déficit. Pour rééquilibrer ses comptes, elle pourrait bien vendre ses émetteurs à un partenaire privé, histoire de renflouer les caisses, comme l’avait fait l’État avec ses bâtiments. La RTBF les relouerait ensuite à son partenaire privé, c’est le principe du «sale and lease-back ».

Une très mauvaise opération selon RTBF89, ce groupe de citoyens attentifs aux missions de l’institution publique. «C’est une piste de financement éphémère, un choix facile à court terme », assure Éric Pecher, un de ses membres actifs.

Parce qu’une fois vendues, il faudrait relouer ces antennes… et ça a un coût. RTBF89 cite l’exemple flamand: en 2008-2009, la VRT a réalisé une opération similaire avec Norkring Belgique. Aujourd’hui, elle paie une rente annuelle de 13 millions d’euros à ce partenaire privé. Une affaire en or pour Norkring, qui selon les chiffres de RTBF89 a amorti son investissement en seulement deux ans.

Selon l’association, pour la RTBF, la transaction viserait donc uniquement à atteindre l’équilibre à court terme pour obtenir un bonus à sa dotation en cas d’efforts budgétaires. Une très mauvaise affaire à long terme, dénonce-t-elle.

Entretien : 6 millions par an

Le coût lié à l’entretien des installations émettrices de la RTBF tourne autour des 6 millions d’euros annuels. Desquels il faut retirer de 800 000 à un million d’euros qu’elle récupère auprès des opérateurs téléphoniques et médias comme Bel RTL et Radio Contact à qui elle loue ses antennes. En vendant ses émetteurs, la RTBF perdrait donc aussi ce revenu annuel.

RTBF89 craint que l’affaire ne soit déjà pliée, mais espère interpeller les pouvoirs publics pour que le débat soit ouvert et la décision retardée, voire annulée.

La RTBF « étudie toutes les pistes »

De son côté, la RTBF reconnaît que les temps sont durs, mais ne confirme pas la vente des fameuses antennes. «Une vieille histoire » qui date du bouclage du contrat de gestion 2013-1017 et qui resurgit ponctuellement. Oui, elle doit se serrer la ceinture en 2014 et oui, elle savait que son budget serait en déficit. Mais pour le rééquilibrer elle a trois possibilités, inscrites dans son contrat de gestion, donc autorisées par la fédération Wallonie-Bruxelles: diminuer les frais de fonctionnement, réduire les investissements, et vendre des actifs qui peuvent être des bâtiments, des terrains, des antennes… La vente des antennes n’est donc qu’une possibilité parmi d’autres et elle assure qu’elle «étudie toutes les pistes , sans précipitation ».