SANTE

Ostéopathie, bientôt thérapie à part entière

Ostéopathie, bientôt thérapie à part entière

Des compétences de l’appareil locomoteur certes, mais aussi à l’écoute des plaintes fonctionnelles.

Reporters

L’ostéopathie fera bientôt partie de la médecine de 1re ligne. Le patient le consultera directement, sans devoir passer par un médecin.

 

On ne parle pas encore du remboursement des traitements d’ostéopathie, mais bien enfin d’un cadre légal. Une reconnaissance, acquise de longue lutte, qui permettra aux ostéopathes d’exercer cette pratique non conventionnelle en étant enregistré et en garantissant un niveau de formations.

« Nos compétences touchent le système locomoteur, les plaintes fonctionnelles et les troubles qui en ressortent», explique Éric Dobbelaere au nom de l’organisme fédérateur des unions professionnelles belges d’ostéopathie. «C’est sur ces terrains que nous pouvons agir, en faisant la distinction entre pathologies et dysfonctionnements.»

Fini le temps où des ostéopathes étaient attaqués en procès pour exercice illégal de la médecine. Une bataille de plusieurs décennies arrive à sa fin. «Depuis 50 ans, le diagnostic est limité aux seuls médecins. Mais une consultation sur quatre chez un généraliste n’aboutit pas à un diagnostic. Car dans ces cas précis, il ne s’agit pas de pathologie mais de trouble fonctionnel. C’est sur ce terrain que l’on peut se montrer efficace. Il s’agit aussi de langage et de sensibilité, même si cela choque certains autres représentants de corps médicaux»

Mais pour exercer, il faudra détenir un master en ostéopathie en plus d’un bac en sciences médicales, en sciences de la motricité ou en kiné. Une formation continuée sera obligatoire. En Belgique, il existe deux offres de formation délivrant un master : l’une à l’ULB et l’autre dans une école privée à Gand (IAO).

Une médecine à part entière

« Il s’agit de médecine à part entière avec des outils thérapeutiques qui vont plus loin que des techniques de manipulation et des actes techniques», affirme Thierry Colot praticien ostéopathe depuis 1983 et chargé de cours en formations continues à l’ULB.

Comme pour l’homéopathie, une période transitoire sera prévue pour les actuels ostéopathes, mais elle ne vaudra pas pour tous. «Pour ceux qui n’ont aucune formation, ce sera l’interdiction immédiate. La profession doit être recentrée sur le neuro-musculo-squelettique», a prévenu la ministre des Affaires sociales et de la Santé Laurette Onkelinx (PS).

Consensus entre écoles et courants

Pour Éric Dobbelaere, il n’existe qu’une ostéopathie; il ne fait pas de distinction entre la viscérale, la crânienne ou la neuro-musculo-squelettique.

«S’il existe différentes techniques et approches, il n’y a qu’un mot : ostéopathie. Toutes les autres terminologies sont fausses. On doit communiquer à nouveau en faisant fi des vieilles querelles déclenchées par certains pour s’attirer et gagner des âmes. Il fut un temps où les ostéopathes se querellaient entre eux. Depuis 4-5 ans, tout le monde s’est rassemblé.» Un consensus que confirme son collègue Thierry Colot. Et Jean Ruwet de conclure : «Cet arrêté royal va dans l’intérêt du patient. Il s’agit de savoir à qui il s’adresse. Le niveau et la formation du praticien sont garantis. De même que les règles déontologiques et l’éthique médicale.»


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