Énergie -

Cartographie du cadre wallon de référence éolien contestée par des universitaires

Cartographie du cadre wallon de référence éolien contestée par des universitaires

-

Olivier Verfaillie

Onze personnalités scientifiques issues de quatre universités critiquent dans un document de onze pages la méthodologie utilisée pour réaliser la cartographie du cadre de référence éolien en Wallonie.

L’un des problèmes majeurs concerne la délimitation des «zones favorables» à l’implantation des parcs éoliens, basée sur un plan de secteur jugé «imprécis», expliquent ces 11 personnalités (essentiellement ULg mais aussi UCL, VUB et Gand).

Les méthodes utilisées en vue d’isoler les espaces adéquats sont également pointées du doigt, écrit vendredi l’hebdomadaire Le Vif/L’Express sur son site internet. «Les zones d’exclusion dont la délimitation fait intervenir le potentiel de vent présentent une incertitude de l’ordre de 500 m pour ce seul critère, sans même tenir compte de l’erreur de 15 à 20 % sur l’estimation du potentiel lui-même», selon le document dont fait état Le Vif.

Dénonçant «des centaines de contradictions», les auteurs redoutent l’exploitation dangereuse qui peut être faite de la cartographie à l’échelle politique. Évoquant le «contexte d’urgence» qui a pesé sur les auteurs (de la Faculté de Gembloux, membre de l’ULg) de cette cartographie, ils précisent qu’ils ne remettent pas en cause l’opportunité de développer l’éolien en Wallonie.

L’implantation des éoliennes est soumise à enquête publique jusqu’au 30 octobre. L’éolien est censé couvrir 15 % des besoins énergétiques du sud du pays à l’horizon 2020.

La Wallonie s’est fixé l’objectif d’une production annuelle de 3.800 GWh à l’horizon 2020, soit près de 15 % des besoins en électricité.

Le mécanisme d’attribution des terrains est organisé en 30 lots. La cartographie avait été modifiée au printemps après la consultation des communes.

Des citoyens remettent leurs critiques au Gouvernement wallon

Dans le cadre de l’enquête publique sur la cartographie de l’éolien en Wallonie, des citoyens ont remis vendredi au gouvernement wallon, leurs remarques concernant ce projet.

Par l’intermédiaire d’un huissier de justice, deux citoyens des communes de Braine-l’Alleud et Wauthier-Braine ont déposé deux courriers reprenant leurs observations sur le projet de développement éolien en Wallonie. «Si nous avons fait appel à un huissier, c’est parce que nous avons peur de ne pas être entendus. Or, nos observations pourraient bien forcer le gouvernement à revoir, voire à annuler sa copie», expliquent Stanislas de Lantsheere et Sigrid Nolet, les deux citoyens à l’origine des courriers.

Ils estiment que le projet éolien wallon ne respecte pas différents textes légaux. «Les textes soumis à l’enquête publique ne respectent par exemple pas les articles 6 et 7 de la convention d’Aarhus ratifiée par la Région wallonne et qui prévoit la participation du public à l’élaboration des plans, programmes et politiques de l’environnement», explique Sigrid Nolet.

Les deux citoyens dénoncent également l’impact financier du développement éolien prévu par le Gouvernement wallon. «Combien tout cela va-t-il coûter aux citoyens? Dans le texte, il n’y a aucune étude financière précise quant aux implications de subsides et certificats verts dans le financement des éoliennes. C’est certain que cela représentera un gouffre financier pour le contribuable», estime Stanislas de Lantsherre.

Pour rappel, l’enquête publique sur la cartographie de l’éolien en Wallonie se clôture le 30 octobre.