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Rendre les pets de vaches moins nocifs

Rendre les pets de vaches moins nocifs

En Wallonie, des expériences sont menées pour mesurer les rejets de méthane des bovins. Et les diminuer. CRA-W/Sophie Mathieux

En Wallonie, le monde agronomique se mobilise pour réduire l’impact des flatulences bovines sur le réchauffement climatique.

 

Comment rendre les pets de vaches moins nocifs pour la couche d’ozone? C’est dit un peu platement, d’accord, mais c’est sans doute plus parlant que «stratégies alimentaires pour réduire la production de méthane entérique chez les vaches laitières». Ce thème fil rouge d’une journée d’étude organisée par le SPW Agriculture à l’Institut supérieur industriel agronomique de Huy ne va pas bousculer les conclusions que distille actuellement à Stockholm le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur le réchauffement de la planète.

Mais c’est sans doute l’occasion, d’une part, de relativiser l’apport des gaz à effet de serre (GES) produits par l’agriculture et, d’autre part, de démontrer que le monde agricole wallon ne reste pas les bras ballants face à la problématique.

Si un rapport publié hier par la FAO (organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) attribue 14,5 % des GES aux filières de production animale, en Wallonie on est plutôt autour de 10 %. «Et entre 1990 et 2011, la part de l’agriculture a même diminué de 14 % », recadre André Guns de l’Agence wallonne de l’air et du climat (AWAC). Une diminution qui s’explique notamment par une réduction du cheptel wallon et par la proportion croissante de vaches allaitantes (pour la production de viande) par rapport aux vaches laitières. Ces dernières étant plus productrices de méthane.

Dans l’agriculture, les flatulences bovines ne sont évidemment pas les seules responsables puisque l’on tient compte de toute l’activité agricole, en ce compris les émissions de protoxyde d’azote à partir des sols (engrais, etc.).

«Il faut donc relativiser les messages qui sont donnés et qui ternissent l’image de l’agriculture », commente Michel Focant, docteur en sciences agronomiques et chargé de cours à l’UCL, en visant le lobby antiviande et antilait.

Trouver des solutions pour diminuer la nocivité des pets des vaches (voir ci-contre) n’en a pas moins du sens dans la perspective de la lutte contre le réchauffement climatique. Le méthane produit par les ruminants et la gestion de leurs effluents représentent quand même près de 50 % des GES du secteur agricole.