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Classement des universités: «C’est absurde !»

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(Illustration)-EdA (ILLUSTRATION)

L’université Jiaotong de Shanghai a publié son classement annuel des universités les «plus performantes» au monde. Mais est-ce vraiment crédible ?

Comme chaque année, l’université Jiaotong de Shanghai publie son classement des 500 universités «les plus performantes au monde».

Si les établissements américains occupent toujours le haut du classement, avec le tiercé gagnant Harvard, Stanford et Berkeley, les universités belges tirent leur épingle du jeu et se classent pour la plupart parmi les 300 premières institutions.

Gand en tête

Ainsi, l’Université de Gand est 85e. L’UCL, l’ULB et la KUL se trouvent dans le groupe «101 à 150 ». L’Ulg et l’Université d’Anvers se situent entre le 201 et 300e rang. Enfin, la VUB fait partie de la classe «301 à 400 ». Un bon résultat donc pour nos universités.

Si ce classement a souvent pignon sur rue, fait office de garantie et est utilisé par de nombreux étudiants étrangers pour choisir leur destination Erasmus, nombreux sont ceux qui le critiquent.

Un problème de calcul

Méthodologie erronée, manque d’objectivité… les détracteurs du classement de Shanghai préfèrent l’ignorer.

«Classer les universités est totalement absurde! Ce classement ne représente pas la valeur de nos institutions », clame Bernard Rentier, recteur de l’Université de Liège.

C’est que les établissements sont classés en fonction du nombre de prix Nobel attribués aux anciens étudiants ou du nombre d’articles scientifiques publiés.

Une trentaine de critères jugés partiels par certains et non révélateurs de la qualité de l’enseignement fourni.

«Avec ce style de calcul, les grosses universités avec beaucoup d’étudiants ont plus de chance d’être en haut du classement », explique Bernard Rentier.

Et Catherine Dehon de l’ULB d’ajouter : «On voit d’ailleurs que des universités françaises tentent de fusionner avec des universités asiatiques, bien classées, pour gagner des places. »

Bientôt un classement européen

De plus, « il faut être prudent. Les erreurs de données sont fréquentes. Si l’ULB a gagné une place cette année, c’est parce qu’ils s’étaient trompés dans le comptage de nos publications l’an dernier», précise la vice-rectrice aux relations institutionnelles de l’université bruxelloise.

Toutefois, selon Bruno Delvaux, recteur de l’UCL : «Ce classement est un indicateur qui existe. Il faut en prendre connaissance. »

Afin de remédier aux imprécisions dénoncées, l’Union européenne a décidé d’établir son propre classement, l’U-Multirank.

La 1re édition, ordonnant 700 établissements, est attendue pour 2014 et proposera un classement par critère, prenant mieux en compte les spécificités et contextes de chaque université.