Le style Stromae : sujets graves sur musique festive

Déjà avec Alors on danse en 2009, Stromae donnait le ton : une musique qui file une insouciante envie de danser mais qui, quand on tend mieux l’oreille, tranche avec des textes graves, voire vraiment plombants.

Il va un pas plus loin encore sur ce nouvel album en abordant la rupture, le sida, le cancer, l’alcoolisme… « Plomber l’ambiance ? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, ironise-t-il. C’est vrai que j’ai cette fâcheuse tendance à parler de choses pas très chouettes à aborder. Mais je crois que c’est parce comme je suis timide dans la vraie vie, j’ai ce problème à aborder des sujets compliqués. C’est ma façon à moi de me libérer de ces peurs. » Comme Quand c’est ? qui aborde le sujet du cancer. Subtil et très fort.

Il y a aussi quand même des sujets (en apparence) plus légers, comme Carmen qui parle des réseaux sociaux sur un air d’opéra, ou Moules frites sur le port du préservatif. Ou le joli hommage à la chanteuse cap-verdienne Cesaria Evora, dont Stromae avoue être «un grand fan». « J’ai eu la chance de la rencontrer une fois juste un peu avant qu’elle nous quitte, à la Réunion au festival Sakifo. J’aurais bien voulu lui proposer une collaboration. Mais j’ai vu son état, j’étais mal à l’aise. D’ailleurs, j’ai même pas eu le courage d’aller lui parler tout seul, j’étais avec ma maman. Sur scène… respect! J’avais presque la larme. J’avais vraiment été touché.» D’où l’envie de lui rendre hommage. Et pas n’importe lequel puisque ce sont les musiciens de la diva aux pieds nus eux-mêmes qui jouent sur cet Ave Cesaria. «C’était une super expérience, j’étais super impressionné. Un de ses musiciens m’a parlé de Cesaria. Comme par exemple, au début, on ne voulait pas la signer parce qu’elle était trop laide. C’était très touchant.»

A.Vt.