Éolien: «Il faut diviser la valeur des certificats verts par deux»

On va beaucoup trop loin en matière de développement éolien estime Willy Borsus.

On va beaucoup trop loin en matière de développement éolien estime Willy Borsus.

-Belga

Le député MR Willy Borsus veut réduire la voilure du développement éolien. En sabrant dans les certificats verts. Et en abandonnant la cartographie.

 

Le dossier photovoltaïque crispe tout le monde. Mais pour le député wallon MR Willy Borsus, c’est oublier un peu vite que le développement prévu de l’éolien risque de poser encore bien plus de problèmes si on ne le contrôle pas.

Willy Borsus, vous voulez tirer la sonnette d’alarme sur le développement éolien en Wallonie. Pourquoi ?

Simplement parce que dans le contexte actuel, il faut revenir à un niveau rationnel et raisonnable de développement des énergies renouvelables. Nous allons actuellement plus loin que ce que l’Europe nous demande. Il faut s’inscrire dans ce cadre, pas au-delà. En tout cas pas maintenant. Stop à la course en avant qui est destructrice et dommageable pour notre économie et pour les gens.

Vous craignez quoi, qu’en termes de dette des certificats verts, on se retrouve dans la même situation compliquée que pour le photovoltaïque ?

Dans une situation quatre ou cinq fois pire ! Il y a deux ans déjà, la Cwape préconisait qu’on diminue la valeur des certificats verts pour l’éolien. C’est ce que nous proposons aujourd’hui : pour les investissements futurs, nous voulons 0,5 certificat vert par mégawatt produit à la place de 1 actuellement.

Et selon vous, diminuer cette valeur suffira pour éviter un fiasco comme celui qu’on connaît pour le moment ?

Non. Il faut également abandonner la dynamique cartographique dans laquelle le gouvernement s’est engagé.

Comment ça ?

Réglons d’abord le problème photovoltaïque. Ne prenons plus d’initiative en terme de déploiement éolien d’ici la fin de la législature. D’autant que deux éléments viennent impacter le développement éolien en Wallonie et qui doivent nous inciter à prendre du recul.

Lesquels ?

D’abord, le rapport du Conseil supérieur de la santé qui a indiqué qu’il fallait prendre un peu plus de précautions par rapport au plan qui est sur la table. Des effets doivent encore être étudiés. Ensuite, il y a les diverses décisions du Conseil d’État sur les normes de bruit qui doivent être revues au risque de voir des décisions d’implantations cassées.

Mais on ne peut pas laisser se développer l’éolien de manière anarchique, il faut bien un cadre !

 

Pour nous le cadre, c’est les normes. C’est tenir compte du Conseil de la Santé et du Conseil d’État. Ce qui est aujourd’hui sur la table, c’est une approche théorique qui ne résiste pas. Il faut donc revoir le cadre et se baser sur les normes, le principe de précaution et le recul. Il y a effectivement un espace pour le développement d’une filière. Mais régulons le marché de manière balisée. Y compris en diminuant le nombre de mâts prévus, soit 1000, d’ici 2020. Sinon, la spéculation éolienne va se faire au bénéfice de quelques-uns et au détriment du plus grand nombre.¦