essai

« Ils sont fous ces Belges ! »

Philippe Dutilleul. « Une volonté de débusquer l’âme belge à travers ses frasques, ses coups de folie ou de génie. »

Philippe Dutilleul. « Une volonté de débusquer l’âme belge à travers ses frasques, ses coups de folie ou de génie. »

-ÉdA – 202041836347

Après «Bye-bye Belgium», Philippe Dutilleul se lancedans des «chroniques insolites et insolentes d’un pays paradoxal».

«Ce n’est ni un ouvrage politique ni de propagande mais un livre de société, de sensibilisation à l’essence d’un pays, par petites touches impressionnistes. Un journaliste doit d’abord être un témoin, un passeur d’idées et d’informations, sans mettre sa sensibilité en poche.»

Basé à Tournai, l’ancien de la RTBF nourrit une relation d’amour-haine avec son pays natal. Ce sentiment avait traversé «Bye-bye Belgium» – titre d’une émission et d’un livre de prospective politique qui fit souffler un vent de tempête sur notre pays – et «Un asile de flou nommé Belgique».

Son pessimisme – «réalisme» dit-il – revient en force dans un essai sorti en mars aux Éditions du moment. Basées à Paris et axées sur l’actualité, celles-ci ont une collection appelée «Ils sont fous ces…» qui s’était déjà intéressée aux Juifs, aux Hébreux, aux Québécois et aux Anglais. Objectif : s’adresser à un public francophone et «lui faire comprendre les spécificités d ‘un peuple au travers de personnages et de situations, actuelles ou pas».

Voici trois ans, alors que la crise politique était au plus fort dans notre pays, Philippe Dutilleul était sollicité pour apporter son regard sur la Belgique. Il accepta, en proposant de croiser son regard avec celui d’un confrère plus jeune et n’ayant pas les mêmes centres d’intérêts que lui, Julien Oeuillet, originaire de France.

«Julien trouve que la Belgique n’a pas les défauts de tous les grands pays, sauf au moment de la colonisation. Il dit qu’on est un non-pays et que c’est formidable, que c’est une qualité. Très érudit, il a écrit de très beaux chapitres sur notre architecture, sur notre rock… Sans être complaisant, il trouve qu’on respire ici un autre air qu’en France et que j’ai un regard un peu noir. À quoi je réponds qu’il m’est difficile de faire autrement après avoir fait des enquêtes sur les tueurs du Brabant wallon…»

Dutilleul est particulièrement sévère avec la classe politique belge. «Il n’y a pas de débat dans ce pays atone, sauf dans les alcôves. Si le vote n’était pas obligatoire, je n’irais pas voter. À titre personnel, je ne souhaite pas la disparition de la Belgique mais on va dans le mur. Flamands et francophones restent ensemble parce qu’on ne peut pas faire autrement. Ma conviction est qu’on serait meilleurs voisins que cohabitants.»

L’auteur de Bye-Bye Belgium pense très fort que, ensemble, la Wallonie et Bruxelles auraient avantage à se passer de l’argent flamand. Au moins, on ne serait plus un «pays de gabegie». «Notre folie n’est pas meurtrière, elle est dépensière» écrit-il.

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