Nouvelle banque cherche coopérateurs

New B a été présentée au Musée de la BD à Bruxelles : « J’espère qu’on ne sera pas les Gaston Lagaffe de la finance », a ironisé M. Bayot.

New B a été présentée au Musée de la BD à Bruxelles : « J’espère qu’on ne sera pas les Gaston Lagaffe de la finance », a ironisé M. Bayot.

-Belga

New B, la nouvelle banque coopérative belge a officiellement été présentée hier. Reste désormais à convaincre 10 000 citoyens

«Par et pour le citoyen.» Le message se veut clair. New B, la nouvelle banque dont les premières bases ont officiellement été jetées dimanche, sera la banque des gens, au service des gens. Une institution qui se veut «simple, participative, transparente et qui investira dans l’économie réelle ». Mais pour que l’ambitieux projet voie le jour, il faudra convaincre 10 000 citoyens.

Hier, en soirée, ils étaient déjà plus de 900 à avoir répondu à l’appel lancé par les initiateurs du projet. Autant de citoyens engagés qui ont chacun versé 20 euros pour s’offrir une part de la nouvelle banque. Et ainsi passer du statut «de consommateur à celui de consommacteur», comme le résume Marc Vandercammen, ancien directeur du CRIOC, dont l’association Power 4 You a souscrit au projet.

Les raisons qui ont poussé 61 associations à s’unir avec le soutien des syndicats et des trois régions du pays pour créer une nouvelle banque coopérative en Belgique sont évidentes : «La cause, c’est la crise financière qui a sapé nos démocraties dans leurs fondements. Une crise économique, financière mais aussi sociale», insiste Bernard Bayot, directeur du Réseau Financement Alternatif et président de New B.

Une crise qui, rappelons-le, trouve ses origines dans les dérives du secteur bancaire mais que les pouvoirs publics ont été priés de solutionner. Montant de la facture : 50 000 milliards d’euros, estime M. Bayot. Il rappelle qu’en Belgique, sans l’intervention des pouvoirs publics, « trois des quatre grandes banques auraient disparu».

Un leitmotiv : l’intérêt général

Pour éviter de revivre cela, il faut davantage de régulation, poursuit M. Bayot. «Mais ce n’est pas suffisant d’avoir un code de la route. Il faut aussi des bons conducteurs». À savoir des banquiers qui travaillent non pas pour un profit maximal et rapide mais dans l’intérêt général. Ce sera le leitmotiv de New B.

Une vision renforcée par le rapport Liikanen, commandé par la Commission européenne, désireuse de tirer les leçons de la crise, au président de la Banque de Finlande. «On peut lire dans le document que non seulement les caisses d’épargne et les banques publiques ou coopératives ont des parts de marché extrêmement importantes dans les autres pays européens mais aussi que ce sont des modèles plus sûrs, plus solides et plus stables que les banques commerciales qui exercent les spéculations, explique M. Bayot. Ce type de banques permet aussi un meilleur financement de l’économie locale. Ce ne sont pas des hurluberlus qui le disent, ce sont les experts de la Commission.»

« Notre équipe marketing, c’est vous »

Convaincues qu’il existait une place pour ce type de coopérative en Belgique, 61 associations, «de toutes obédiences » s’empresse de préciser M. Bayot, ont décidé d’unir leurs forces. «Mais à côté de cette expertise sociétale, il fallait une expertise financière de haut vol » pour s’assurer de la faisabilité et de la viabilité du projet (lire ci-dessous).

Aujourd’hui, le projet tient la route, estime M. Bayot. Mais pour qu’il prenne forme, « il faut qu’il puisse être partagé. D’où cette campagne citoyenne. On a une idée, on a un modèle, si vous souhaitez le soutenir, il faut trouver 10 000 citoyens. Notre équipe marketing, c’est vous. C’est le citoyen qui doit faire passer le message