Demotte : « Le gel des certificats verts ne suffira pas »

Rudy Demotte ne « réprimande » pas son ministre de l’Énergie Jean-Marc Nollet. Mais il trouve qu’il a été un peu vite en besogne.

Rudy Demotte ne « réprimande » pas son ministre de l’Énergie Jean-Marc Nollet. Mais il trouve qu’il a été un peu vite en besogne.

-BELGA

«Jean-Marc Nollet a été un peu rapide en besogne», constate Rudy Demotte. Le ministre-président wallon critique le plan de son ministre de l’Énergie en ce qui concerne les certificats verts. Et pense qu’on pourrait s’inspirer de la Flandre.

«Ce n’est pas une réprimande», prévient Rudy Demotte (PS). «Mais il aurait fallu attendre un consensus avant de “sortir” à ce sujet. Il (Jean-Marc Nollet) a été un peu rapide en besogne».

Le ministre-président wallon était l’invité de La Première ce matin. Le dossier des certificats verts et du photovoltaïque était évidemment à l’ordre du jour.

Pour rappel, il s’agit de trouver une solution pour assurer le coût global des certificats verts. La facture s’emballe : d’ici 15 ans, la note devrait s’élever à 2,5 milliards€, selon les estimations. Comment faire pour que chaque ménage ne paie pas les pots cassés?

Rudy Demotte pense que la mise en réserve des certificats verts ne suffira pas. C’est pourtant le plan avancé par Jean-Marc Nollet (Énergie, Écolo). «Pas suffisamment affiné», tranche Demotte.

« Pas de jackpot ad vitam »

Jean-Marc Nollet propose donc de geler les certificats verts. «Oui, mais à un moment, il faudra les dégeler», coupe Rudy Demotte. «Ça a un coût. Qui va payer? Ce n’est pas résolu», constate-t-il.

Le ministre-président socialiste ne renie pas le système des certificats verts : «Ça se justifie au départ. Et 3 000 emplois en dépendent aujourd’hui. Mais on ne peut pas garantir le jackpot ad vitam. Or, on n’entend toujours pas de solution susceptible de stopper l’hémorragie».

« C’est 25 fois plus généreux que ce qui se fait en Flandre »

Rudy Demotte rappelle que le système de soutien wallon est 25 fois plus généreux que celui en vigueur en Flandre. «Or, la Wallonie n’est pas 25 fois plus riche que la Flandre.»

Par contre, il considère justement qu’on pourrait s’inspirer de la Flandre et de ses bonnes pratiques en la matière : une réduction du nombre et du montant des certificats verts. «Ce n’est pas insensé de faire ça chez nous aussi», dit-il.

Il ajoute que la facture des ménages à bas et moyens revenus doit être préservée. Et que rien ne pourra se faire tant que des négociations n’ont pas été menées avec le secteur. «Ça n’a toujours pas commencé», fait-il remarquer.