Énergie

Electrabel: des certificats pas très verts

En Flandre, les certificats verts que touche Electrabel ne seraient pas tous mérités.

En Flandre, les certificats verts que touche Electrabel ne seraient pas tous mérités.

-Belga

En Flandre, Electrabel touche des certificats verts pour des centrales qui fonctionnent en partie… au charbon.

C’est un rapport de Greenpeace qui le révèle : en Flandre, Electrabel touche des certificats verts de la part du gouvernement flamand pour l’électricité produite… dans de vieilles usines à charbon. Ou, plus exactement, des usines qui fonctionnent en co-combustion : moitié charbon et moitié pellets.

Or les certificats verts devraient revenir, en toute logique, aux producteurs d’énergie véritablement verte. Ce qui n’est évidemment pas le cas de ce genre de centrale.

Conclusion, juge le rapport de Greenpeace, en «détournant » ces certificats verts, Electrabel influence la hausse du prix de l’énergie. Et Greenpeace de donner des chiffres : sur 6,8 millions de certificats verts délivrés en Flandre, 1,6 million seulement le sont pour des installations de panneaux photovoltaïques.

Impossible en Wallonie

En Wallonie, il n’existe plus qu’une seule ancienne centrale au charbon : celle des Awirs. Pour laquelle Electrabel touche aussi des certificats verts (350 000 sur les 530 000 qu’il touche en Wallonie). Mais là, en revanche, il y a une logique puisqu’elle a été entièrement reconvertie en usine électrique à biomasse (pellets 100 %).

«C’est de l’énergie totalement verte, il n’y a pas de co-combustion », explique Francis Ghigny, directeur de la Cwape, le régulateur électrique wallon.

«Les certificats verts donnés à Electrabel pour sa centrale des Awirs sont calculés en fonction de l’empreinnte écologique des pellets qu’elle utilise. Si les pellets viennent de loin, ils consomment plus de CO2 à la base, donc, Electrabel recevra moins de certificats verts.» En clair, ça signifie que le bilan carbone des Awirs est neutre. Et qu’Electrabel mérite logiquement ces certificats verts.

Pour la Flandre, par contre, ce n’est pas le cas.

«Dans les centrales flamandes qui fonctionnent en co-combustion, le gouvernement flamand part du principe que la moitié de l’usine est 100 % verte et qu’il est donc normal de donner des certificats verts. Or, si prend la centrale dans son ensemble, il n’y a pas d’économie en termes d’émissions de CO2. Ce n’est pas logique qu’Electrabel touche des certificats .En Wallonie, ce ne serait pas possible. Pour toucher des certificats, il faut que toute la filière d’une centrale ait un bilan carbone nul », conclut le patron de la Cwape.