Wallonie

À peine 15 nouvelles éoliennes en 2012

La puissance totale du parc éolien belge est désormais de 1375 MW, ce qui permet de fournir l’équivalent de la consommation de plus de 800 000 foyers annuellement.Les éoliennes du parc de Leuze-Europe
La puissance totale du parc éolien belge est désormais de 1375 MW, ce qui permet de fournir l’équivalent de la consommation de plus de 800 000 foyers annuellement.Les éoliennes du parc de Leuze-Europe-EdA - 201356221390

À peine 15 nouvelles éoliennes en Wallonie en 2012. En cause : le manque de cadre de référence et les recours qui se multiplient.

Décembre 2012 a été venteux. Le parc éolien belge a produit durant ce mois un record de 354 GWh, soit l’équivalent de la consommation électrique de 1 190 000 ménages. Un ménage sur quatre! Selon l’Apere, association qui promeut les énergies renouvelables, les éoliennes belges ont même tourné à 85 % de leur pleine charge sans discontinuer durant trois jours (29, 30 et 31 décembre), assurant la consommation de la moitié des ménages belges (2,3 millions). De quoi compenser, avec une production stable, l’absence d’un des deux réacteurs nucléaires actuellement à l’arrêt.

Wallonie à l’arrêt

La puissance totale du parc éolien belge est désormais de 1375 MW, ce qui permet de fournir l’équivalent de la consommation de plus de 800 000 foyers annuellement. Une moyenne, bien sûr. Mais si ces chiffres sont encourageants pour le secteur éolien, la réalité cache de cruelles disparités. En 2012, si 82 nouvelles éoliennes ont été érigées en Belgique, représentant près de 300 MW supplémentaires, l’essentiel de la puissance a été installé en Flandre. 15 nouvelles éoliennes seulement ont vu le jour en Wallonie. Pour à peine 34 MW supplémentaires.

Le Nord du pays (420 MW installés au total), qui s’appuie aussi sur le développement de l’éolien en mer (380MW), affiche un taux de croissance de 20 %. La Wallonie de 6 %. Un sérieux coup de frein par rapport à la trajectoire visée, alors que la région avait nettement pris de l’avance.

Pourquoi un tel décrochage? Parce qu’en 2012, explique Fawaz Al Bitar, conseiller éolien d’Edora, on subit les conséquences du «moratoire de fait» imposé par Philippe Henry, quand le ministre écolo s’est penché sur le sujet il y a un an et demi. Le gel des dossiers fut ensuite levé, mais, vu le délai nécessaire à la mise en place de tels projets, les conséquences s’en font sentir dans les statistiques 2012. Dans l’attente du nouveau cadre éolien, de nombreux permis pour des parcs ont été refusés. Et les recours se sont multipliés, tirant notamment argument, devant le conseil d’État, du flou de la situation juridique actuelle.

L’incertitude règne

«Le cadre de référence éolien est quasi fait. Il est passé en première lecture il y a un an, et depuis toujours rien», souligne le conseiller d’Edora, la fédération des producteurs d’énergie verte. Si le gouvernement wallon arrivait – enfin – à un consensus sur le dossier, cela permettrait de «débloquer la situation», sans devoir attendre le futur décret éolien, qui doit revoir complètement la manière dont sont octroyés les permis. C’est une étape nécessaire. Moyennant une «sécurisation juridique», via un arrêté bétonnant les conditions d’exploitation d’un parc éolien.

L’incertitude régnant actuellement sur l’avenir des certificats verts, et sur la taxation des producteurs d’énergie verte, vient en plus envenimer le problème. Si bien que pour certains projets wallons, pour lesquels les permis ont été octroyés, ce sont les financements qui se feraient à présent hésitants.