Chanson

Bruel : « Peut-être mon plus bel album »

Bruel : « Peut-être mon plus bel album »

Après six années d’absence, Patrick Bruel revient, à 52 ans, avec un nouvel album « Lequel de nous »

Sonymusic – ©Diane Sagnier

Le neuvième album studio de Patrick Bruel sort ce lundi. Un disque aux textes graves, empli d’une certaine mélancolie.

Il avait mis sept ans pour écrire Des souvenirs devant , il en a mis six pour accoucher de ce dernier album, Lequel de nous . Mais Patrick Bruel a bien d’autres terrains de jeux que la musique. À l’affiche de plusieurs films et longtemps sur scène, au théâtre à Paris, avec l’immense succès du Prénom, le chanteur n’a pas chômé et ne regrette rien. «Si je l’avais sorti il y a deux ans, ça n’aurait pas été le même album. Je n’arrivais pas à aller au bout de ce que je voulais. Je ne trouvais pas les angles , explique l’artiste. Ce sont à travers les discussions que j’ai eues avec Claude Askolovitch qui a écrit mon livre sorti l’an dernier que les choses se sont éclairées.»

Si son premier single Lequel de nous , aux rythmes tziganes, donne envie de danser dans les chaumières, il n’est pas le reflet de ce qui se dégage de ce disque. Loin de l’amoureux extatique qui a signé l’album précédent, c’est un homme tourmenté, soucieux du monde qui l’entoure et, qui plus est, un père divorcé qui se cache derrière la plume de la plupart de ces titres. «Et pourtant je vais bien, je vous assure», plaisante-t-il. En résulte quelques chansons aux textes durs sur des musiques empreintes de mélancolie.

Dès le premier morceau, Dans ces moments-là, le ton est lourd. Bruel aborde le thème de la mort. Le titre prolonge la trilogie Place des grands hommes, On t’attendait et Pour la vie. La bande de potes qui s’était donné rendez-vous dans dix ans est de retour, mais confrontée à la perte d’un des leurs. «C’était peut-être la musique que je préférais et j’avais envie de mettre un truc à la fois positif et nostalgique dessus

Des cordes venues de Londres

Dure également, la chanson Où es-tu. Le chanteur y évoque l’enlèvement d’une journaliste. Autre reflet de l’actualité, Les larmes de leur père, texte inspiré des révoltes du printemps arabe. «Traiter de sujets aussi lourds, je ne le fais pas de manière vindicative, je le fais sous le prisme du regard de la famille, du père.» La gravité prend une dimension supplémentaire avec les arrangements de cordes. «Certaines chansons se prêtaient à un tel arrangement. Avec mon frère David Moreau et Benjamin Constant, je ne pouvais pas trouver mieux pour écrire les cordes de cette manière.» Elles ont été enregistrées au Studio Air, de Londres, par le London Symphonic Orchestra. «Ils m’ont complimenté sur ma musique, ce qui est assez rare, j’en étais fier. C’était un plaisir d’aller une fois dans ma vie là où les Beatles ont un jour enregistré. Et cerise sur le gâteau, Paul Mc Cartney était dans le studio d’à côté!»

Il serait réducteur de résumer cet album à une série de titres sombres. Certains se veulent plus optimistes, comme Rome, Viens tout contre moi ou She’s gone où on retrouve le Bruel séducteur. «Je crois que c’est mon plus bel album, mais je pourrai réellement juger dans un an si j’ai été euphorique. Il est complet, il dit beaucoup. Il manque peut-être une ou deux chansons un peu plus rigolotes», sourit-il. Le chanteur trépigne d’impatience de défendre ce disque sur scène. De retrouver ce fameux public qui en a fait l’icône d’une génération. Il sera de retour au printemps et ne manquera pas de donner une belle place, dans son agenda, à Forest National.

Bruel, « Lequel de nous », Sony Music. À Make a wish, le 14/12, Palais 5 de Bruxelles Expo (www.faisunvoeu.be, 0900/69 500 0,75 eur/min).