Les opposants à l’éolien confortés au fédéral ?

L’environnement paysager (ici près de Bastogne) est promis à « destruction massive et irréversible », affirme l’ASBL.

L’environnement paysager (ici près de Bastogne) est promis à « destruction massive et irréversible », affirme l’ASBL.

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L’ASBL Vent de Raison se sent confortée dans son opposition à l’éolien : Melchior Wathelet a confirmé son point de vue, dit-elle.

Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage : alors que le secrétaire d’État fédéral à l’Énergie, Melchior Wathelet (cdH) «vient de nous donner raison», proclame Luc Rivet, «Vent de Raison» revient une nouvelle fois à la charge contre les implantations d’éoliennes en Wallonie. «Et aussi parce que nous sommes à la veille de décisions importantes», ajoute le porte-parole de l’ASBL.

Décisions importantes? Le cadre de référence sur l’énergie éolienne revient bien en deuxième lecture (cf. ci-dessous) à l’ordre du jour du gouvernement wallon, ce jeudi. Mais le dossier est loin d’être clôturé. «Entre-temps, les projets d’implantations d’éoliennes ne s’en multiplient pas moins», dénoncent les membres de «Vent de Raison», qui en ont dénombré pour l’heure 52 dans le Tournaisis, et 80 dans le Condroz namurois.

Mais en quoi Melchior Wathelet aurait-il démontré que les opposants à l’énergie éolienne ont raison? «Parce qu’il a annoncé des investissements massifs dans des centrales au gaz, à cause de l’instabilité de la production d’énergie éolienne», pose Patrice d’Oultremont. «Notre constat est donc confirmé : le choix de l’éolien, c’est le choix du gaz et du CO2…».

Le raccourci est sans doute osé : le secrétaire d’État responsable a annoncé cet appel à investissement dans des centrales au gaz, dans le cadre du «Plan Énergie», qu’il a récemment fait approuver par le «kern». Un plan centré sur la fermeture des premières centrales nucléaires, celles de Doel I et II, en octobre 2015, et sur la prolongation pour dix ans, jusqu’en 2025, de Tihange I. Et si Melchior Wathelet a appelé au développement des «centrales au gaz, particulièrement les plus récentes», c’est notamment en raison de leur grande flexibilité. Parce que la production d’énergie renouvelable, qui aura priorité d’accès au réseau, est intermittente, et qu’il faudra donc réagir «de manière compétitive à la demande».

Pour «Vent de Raison», cet investissement est rendu plus nécessaire par les creux de production d’énergie renouvelable, notamment éolienne, que par les pics de consommation, «en général assez prévisibles».

La conséquence, insiste l’ASBL, c’est que les centrales au gaz à implanter seront de type TCO (turbine à cycle ouvert, comme la centrale d’Angleur, en région liégeoise), capables de produire de 2000 à 3000 mW plutôt que des centrales de type TGV (turbines gaz-vapeur) : «le fonctionnement de ces centrales à démarrage rapide peut être comparé à celui d’un réacteur», illustre Patrice d’Oultremont. «Mais un réacteur qui sera utilisé essentiellement dans les conditions du décollage», insiste le responsable de l’ASBL leuzoise «Éolienne à tout prix?». «Sur un vol européen moyen, un quart du carburant est utilisé au décollage et à l’atterrissage», ajoute-t-il.

Et de répéter que le bilan CO2 de l’éolien ne pourra être établi qu’en mettant en balance les émissions qu’il épargne et les émissions supplémentaires qu’il requiert, dans des centrales au gaz chez nous…