Retour à la case départ

«Le talent, c’est de la chance. Ce qui compte dans la vie, c’est le courage ». La morale du film est celle qui a poussé Sophie Lellouche (aucun lien avec Gilles) à passer derrière la caméra. La réalisatrice française aura mis du temps pour s’en convaincre. «Je me suis dit qu’il valait mieux que je reste spectatrice. Puis cette phrase a fait écho en moi. Je devais me faire confiance. Je me suis alors dit : fais ton maximum!»

Et on comprend pourquoi elle a hésité. Son premier long-métrage est une catastrophe… L’idée de départ était pourtant pétillante, voire malicieuse. «Je voulais rester au plus proche de mon univers. Mon film est donc un brin autobiographique. Ce côté rêveuse, fantaisiste et décalée, tout en restant ancrée dans la réalité, c’est un peu moi ». Paris-Manhattan raconte les élucubrations amoureuses d’une fille qui, en plus d’avoir Woody Allen comme confident affectif, vend des DVD de films d’auteur à la place des médocs!

Du cinéma thérapeutique, voilà de quoi remonter le moral… ou pas. Entre sa naïveté sur le carcan des modèles familiaux et cette impression de durer des plombes, tout tourne en rond. Des scènes ridicules aux dialogues pénibles en passant par des acteurs mous du genou, la liste est longue. Seule réjouissance? Woody Allen qui, même en figurant de 10 secondes, est parfait. Mais ça, ce n’est plus une surprise. Depuis longtemps. Comme quoi, le «maximum» des uns est parfois le minimum des autres…

P-Y. P.

Comédie romantique de Sophie Lellouche avec Alice Taglioni, Patrick Bruel, Woody Allen. Durée : 1 h 17.