santé

Épilepsie : 70 000 Belges touchés

À ce jour, on dénombre pas moins de 40 médicaments sur le marché. Mais tous ne traitent que les symptômes.

À ce jour, on dénombre pas moins de 40 médicaments sur le marché. Mais tous ne traitent que les symptômes.

-Reporters

Première journéeeuropéenne de l’épilepsie ce mardi. En Belgique, 70 000 personnes sont touchées. L’UCB cherche le traitement ultime.

Ce mardi, c’est la première journée européenne de l’épilepsie. À ce jour, on estime que ce trouble neurologique touche 50 millions de personnes dans le monde. Dont 70 000 rien qu’en Belgique.

Souffrir de cette maladie peut avoir des conséquences soudaines et dangereuses dans un certain nombre de situations de la vie quotidienne. Comme conduire ou prendre un bain.

Heureusement, certains traitements existent. Le point avec Henrik Klitgaard, responsable de la recherche sur le système nerveux central dans l’entreprise pharmaceutique UCB.

Henrik Klitgaard, est-ce important, cette première journée européenne de l’épilepsie ?

Un tel événement permet d’attirer l’attention sur un très grand problème médical. Comme je le dis toujours, une crise épileptique est une crise de trop. Car une seule crise peut avoir comme conséquence pour le malade de vivre constamment dans la peur.

Existe-t-il actuellement beaucoup de traitements contre l’épilepsie ?

À ce jour, on dénombre pas moins de 40 médicaments qui ont été introduits sur le marché en Europe et aux États-Unis depuis la découverte du premier antiépileptique en 1857. Ceux-ci ont été conçus pour traiter les symptômes de l’épilepsie.

Et à ce niveau, UCB joue un rôle fondamental…

Nous avons mis au point deux antiépileptiques. Le premier s’appelle Keppra. ll a été introduit aux États-Unis en 1999 avant d’arriver en Europe en 2000. Dans les nouveaux antiépileptiques, c’est aujourd’hui le médicament le plus souvent prescrit. Sans entrer dans les détails, il agit sur base d’un mécanisme unique, différent de tous les autres médicaments. Même chose avec notre deuxième antiépileptique, Vimpat, qui est disponible sur le marché depuis 2008. Ces deux produits ont permis d’améliorer la vie d’un grand nombre de patients. Mais grâce à la recherche, des progrès peuvent encore être accomplis.

En ce qui vous concerne, vous désirez en effet aller plus loin que le « simple » traitement des symptômes.

Les besoins de certains patients ne sont pas encore rencontrés. Il y a ainsi environ 30 % d’épileptiques qui n’ont pas encore de traitement approprié. Ces malades sont souvent entrés en polythérapie, ils prennent donc deux médicaments différents voire plus mais malgré cela, ils ont encore des crises épileptiques. Ils sont dits réfractaires au traitement. Ce à quoi nous voulons remédier chez UCB.

Que manque-t-il pour avancer dans les traitements ?

Il nous manque un traitement prophylactique (qui empêche l’apparition de la maladie – NDLR) ou curatif. À ce jour, ce médicament « ultime » n’existe pas. C’est pourquoi nous avons décidé chez UCB de cibler notre stratégie vers la recherche de ce traitement ultime mais aussi de l’épilepsie réfractaire. À ma connaissance, nous sommes le seul laboratoire à nous être fixé ce but-là.

Où en sont vos recherches dans ce domaine ?

Nous avons enregistré ces dernières années d’énormes progrès. Si bien que je suis bien plus optimiste aujourd’hui. Nos travaux ont été nourris par un grand nombre de rencontres et interactions avec des patients épileptiques. Ces échanges nous permettent de mieux appréhender les problèmes cliniques qu’il faut essayer de résoudre.

Aujourd’hui, nous avons déjà un candidat-médicament en développement clinique qui cible spécifiquement l’épilepsie réfractaire. En ce qui concerne le traitement prophylactique ou curatif, bon nombre de projets expérimentaux précliniques avancent bien.

Quand espérez-vous voir arriver sur le marché ces médicaments ?

Niveau timing, je ne ferai pas de promesse. Mais je peux vous donner l’assurance que chaque jour, chaque heure, nous faisons de notre mieux pour trouver ces traitements. Et je suis convaincu qu’un jour, on y arrivera.¦