Le combat au Larzac raconté par Christian Rouaud dans son documentaire s’est déroulé d’octobre 1971 au 3 juin 1981 lorsque, trois semaines après son élection, François Mitterrand annonce l’abandon du projet d’extension du camp militaire du Larzac annoncé dix ans plus tôt par Michel Debré.

Pendant une décennie, ces paysans, bientôt rejoints par des étudiants déçus de la façon dont s’était terminé Mai 68 et des… maoïstes, se sont battus de façon non violente pour préserver leurs terres. Comme il avait procédé dans un film précédent au sujet de la grève de l’usine Lip, à Besançon, Christian Rouaud a retrouvé quelques figures emblématiques de l’époque, dont José Bové, et les a fait témoigner, images d’archives à l’appui. Pour le réalisateur français, ce qui s’est produit au Larzac peut aussi se produire à l’échelle européenne, et même mondiale, aujourd’hui : « Quand les gens du Larzac se sont lancés dans leur combat, ils n’imaginaient pas que ça durerait dix ans. Mais ils l’ont fait. Et aujourd’hui aussi, il y a des gens qui se lèvent, qui parlent, qui font des choses. Il n’y a pas de fatalité. Qui pensait les révolutions arabes possibles ? Ou la chute du mur de Berlin ? » Pour Stéphane Desgain, du CNCD, le combat du Larzac doit être un exemple : « Il est la preuve que l’obstination peut payer. Il faut du monomaniaque. » ¦

Mi.D.

« Tous au Larzac », documentaire de Christian Rouaud. Durée : 1 h 58. Sortie le 8 février à Bruxelles (Vendôme) et Liège (les Grignoux), en mars dans toute la Wallonie.