La question du 3 décembre 2011

Comment aider à surmonter le décès d’un parent ?

Lorsqu’on perd un conjoint, on doit se reconstruire. Les enfants, eux, ont besoin d’être aidés par le parent restant.

Lorsqu’on perd un conjoint, on doit se reconstruire. Les enfants, eux, ont besoin d’être aidés par le parent restant.

-BELGA/AFP

Lorsqu’un enfant perd un papa ou une maman, il peut lui arriver de s’inventer un « fantôme » qui vient le remplacer. Qu’est-ce que cela signifie et comment l’aider à surmonter cette absence ?

« J’ai perdu mon mari il y a 5 ans et Léa, ma fille de 9 ans, dit avoir des contacts avec son père, entendre des voix. Il me semble qu’elle est décalée, dans un autre monde. Les autres enfants se moquent d’elle à cause de ces idées “bizarres”. Comment faire pour l’aider ? »Isabelle, 39 ans

La réponse de Vanessa Greindl

Avec ses moyens d’enfants, Léa fait revenir son père, de façon « inadaptée » peut-être pour le monde dans lequel elle vit, et pourtant, c’est une véritable création ! Elle s’est inventé un père vivant qui probablement remplit toute une série de « fonctions ». Celle par exemple de s’appuyer sur un autre que vous pour avancer, de faire vivre une série de racines autres… Comme une fleur sans soleil, elle crée, invente et rêve son astre.

Comment pourriez-vous l’aider à passer de ce rêve de père à un père plus réel ? Bien sûr son père est mort, mais il fut vivant un jour. Comment était-il, que disait-il d’elle, que lui a-t-il transmis ? En quoi lui ressemble-t-elle ? Léa se construit une image de père à côté de la réalité, mais vous pouvez l’aider à la construire sur terre.

Même si son papa est aujourd’hui décédé, vous pouvez, avec des photos, des histoires, des anecdotes, le transformer en un père plus réel, un père qui fut présent ou pas, et qui fait partie de son existence, même mort. Ces quatre trop courtes années qu’elle a vécues avec lui, vous pouvez lui en parler, lui rappeler ce qui fut spécifique entre eux deux.

Un devoir de mémoire

Son invention, intelligente - même si elle suscite les rires des enfants de la classe – vous indique peut-être qu’elle doit faire vivre son père pour pouvoir tenir le coup, d’une façon ou d’une autre. Il faut soutenir ce travail chez Léa, tout en ramenant la réalité de la vie… et de la mort. L’aider à s’appuyer sur l’idée, le souvenir, le nom de son père et la pensée de cet homme en vous plutôt que sur un fantôme avec qui, désespérément, elle reste seule. C’est un travail de mémoire qui permettra peut-être à Léa de renoncer au spectre qui l’isole de jour en jour pour ancrer en elle, et avec votre aide, un père vivant un jour, mort à présent mais qui fut bien réel.¦

Si vous avez vécu une expérience similaire ou en avez été témoin dans votre entourage, si vous pouvez donner des conseils aux personnes qui seraient concernées par une telle situation, réagissez sur notre forum. Votre témoignage sera peut-être publié dans le supplément Deuzio de L’Avenir le samedi 10 décembre.

Retrouvez les questions à Vanessa Greindl dans « Psychologies Magazine », actuellement en librairie.