ECONOMIE

Arcelor Mittal liquidera bien 581 emplois

Arcelor Mittal liquidera bien 581 emplois

Le conseil d’entreprise extraordinaire a eu lieu sous bonne garde. La phase à chaud est bien condamnée.

Belga

ArcelorMittal a confirmé : 581 emplois directs partent en fumée. On liquide la phase à chaud. La procédure Renault est entamée.

Dans ce bâtiment Centre Acier de Flémalle, les salles ont des noms de plantes. Il y a la salle « Gentiane », la salle « Muguet »… Comme dans les cités où le nom des rues doit faire oublier le béton.

La réunion du conseil d’entreprise extraordinaire d’ArcelorMittal Liège commence à 9 h 15, dans la salle « Roselière ». Ils sont une quarantaine, dont huit membres de la direction. Face à face, patrons et représentants du personnel. Et quelques gardes du corps, au cas où.

En un peu moins de deux heures, le groupe confirme sa décision : licenciement collectif, arrêt définitif de la phase liquide à Liège.

1. 581 emplois Tant que le conseil d’entreprise ne s’était pas tenu, l’annonce de la fermeture de la phase à chaud n’était qu’une rumeur. Désormais, c’est officiel et confirmé. La direction a aligné ses chiffres : 581 salariés (sur les 2 648 travailleurs d’ArcelorMittal à Liège) sont concernés, dont 361 ouvriers et 220 employés. Employés et ouvriers confondus, 81 travailleurs ont un contrat à durée déterminée.

2. Les activités concernées La direction veut mettre à l’arrêt le département Agglo-Fonte de Liège (phase à chaud), qui comprend l’agglomération, les deux hauts-fourneaux, les aciéries et coulées continues de Chertal ainsi que le laminoir à chaud. Les activités des « Fonctions Supports » et du département Énergie doivent être adaptées. Quant à la cokerie, elle devra se contenter de deux batteries de fours sur quatre (lire aussi ci-dessous).

3. Pourquoi liquider ? La demande d’acier ne rattrape pas son niveau d’avant la crise. Le groupe sidérurgique ne prévoit pas que le marché reprenne du poil de la bête avant 5 ou 6 ans. Or, pendant ce temps, l’Europe importe de l’acier « émergent », chinois, russe, brésilien ou coréen. On pourrait remettre la ligne à chaud sous cocon, comme on l’a fait précédemment. Mais c’est cher, fait remarquer la direction : 5 millions € par mois. Et que cette parenthèse technique n’est pas sans conséquence sur l’outil. Et comme Liège, selon ArcelorMittal, « cumule le plus de désavantages structurels impossible à compenser»…

4. Et maintenant ? La procédure Renault prévue en cas de licenciement collectif est donc enclenchée. Les prochaines réunions du conseil d’entreprise permettront aux représentants des travailleurs de poser leurs questions et de faire des propositions. Les employeurs répondront. Ensuite, on pourra négocier l’enveloppe sociale. Ce n’est qu’après cette étape que les licenciements auront lieu. La direction l’a dit au front commun syndical : il ne devrait pas y avoir de licenciements secs.

5. Actions ? Il y aura des manifs, au niveau européen aussi. Il y aura des distributions de tracts et sans doute des arrêts de travail. Il y aura des réactions. Le front commun syndical l’a dit bien fort vendredi, aux travailleurs présents devant le Centre Acier. Mais il va falloir tenir des semaines ou des mois. Pour l’heure, les gens travaillent sur les sites liégeois d’ArcelorMittal.¦