Nationaliser, régionaliser ? Maintenir !

Les syndicats et la Région ne veulent pas rester les bras ballants.

Belga

Le front commun syndical l’avait annoncé hier matin : la piste d’une nationalisation de la sidérurgie liégeoise doit être étudiée. Elle devait être soumise au formateur Elio Di Rupo.

Très vite, le ministre wallon de l’Économie Jean-Claude Marcourt a rappelé que l’Europe ne le permettrait jamais. Mais il reste convaincu que l’outil liégeois est performant et peut être maintenu (lire ci-dessus). Si Mittal avait fait son boulot, si les investissements promis avaient été confirmés… Ce que le géant de l’acier n’a pas fait, un repreneur le ferait peut-être. C’est ce que pense Marcourt.

Et c’est ce que retient Nico Cué (FGTB, Métallurgistes Wallonie Bruxelles) : sortir du giron d’ArcelorMittal et travailler les pistes alternatives. «Pourquoi pas travailler entre régions d’Europe, d’ailleurs ?» dit-il. Puisque les sites de Florange (Lorraine française) et de Brême (Allemagne) sont concernés de la même manière par les menaces du sidérurgiste.

Il reste à convaincre Mittal de lâcher l’outil, du moins s’il confirme la fermeture de la phase à chaud liégeoise. Il peut fermer les lignes sans autoriser qui que ce soit de les reprendre ensuite. La Région pourrait lui imposer un assainissement complet. « Démantèlement, remise en état et dépollution du site», décline Jean-Claude Marcourt. « Ce qui coûtera très cher », prévient-il.

Encore faut-il ne pas décourager un éventuel repreneur avec ce genre d’arguments. Et on peut imaginer qu’une note, même lourde a priori, peut ne pas effrayer Mittal, tout occupé qu’il est à engager de gros investissements en Asie.

Et puis vendre, c’est accepter un concurrent dans sa toile. C’est pourtant déjà ce qui se passe à Ramet : Eurogal (ArcelorMittal) voisine avec Segal, racheté par Tata Steel. Un concurrent de Mittal. Indien de surcroît. Tout est possible ?¦