Alors que la phase à chaud va s’éteindre, l’incendie social menace chez ArcelorMittal à Liège.

Belga

La direction d’ArcelorMittal a annoncé la fermeture de la phase à chaud liégeoise. Un drame social est annoncé.

Il y a une semaine juste, alors que le bassin sidérurgique liégeois était en grève, la direction européenne du groupe ArcelorMittal s’engageait à recevoir, « dans le courant de la semaine prochaine, les partenaires sociaux au sujet de l’avenir de la sidérurgie à Liège ». En fait d’avenir, c’est d’une exécution qu’il fallait parler : hier, cette direction européenne a annoncé aux syndicats la fermeture de la phase à chaud liégeoise. Sont concernés les deux hauts-fourneaux, de Seraing et d’Ougrée, à l’arrêt depuis des mois ; l’agglomération, qui prépare le minerai ; et la coulée continue de Chertal, ainsi que deux batteries de hauts-fourneaux. Le train à large bande de Chertal est actuellement maintenu.

Un conseil d’entreprise extraordinaire doit se réunir ce matin, en région liégeoise : il sera question de la réorganisation de la sidérurgie en région liégeoise. C’est de la sidérurgie à froid dont il sera question. Et on abordera sans doute aussi déjà le volet social de la fermeture, dans le cadre de la désormais traditionnelle « procédure Renault ».

Les ministres wallons de l’Économie, Jean-Claude Marcourt (PS), et de l’Emploi, André Antoine (cdH) ont rencontré hier la haute direction de l’entreprise, à Namur. La Région, qui garde une participation dans le géant sidérurgique ArcelorMittal, sera impliquée dans le dossier.

La rage syndicale est d’autant plus grande que l’accord social, qui avait mis fin, la semaine dernière, à une grève de huit jours, marquée par la séquestration de la direction liégeoise d’ArcelorMittal, prévoyait la réintégration de contrats temporaires de la phase à chaud, arrivés à échéance le 30 septembre. Et pour d’aucuns, cette réintégration augurait d’une relance, à terme, d’au moins un des deux hauts-fourneaux liégeois.

« C’est une véritable hypocrisie dans le chef de la direction », a lancé Francis Gomez, le président des métallos FGTB liégeois. « Depuis 2008, les travailleurs ont dit oui à tout, et cela n’a pas suffi », a dénoncé Jordan Atanasov, secrétaire principal des métallos CSC.

Dans un communiqué commun, les deux syndicats dénoncent le comportement brutal du magnat indien de l’acier. Mais ils invitent déjà à une remobilisation de la région liégeoise autour de sa sidérurgie, comme il y a six ans, quand le propriétaire de l’époque, Arcelor, parlait déjà fermeture. « Le centre de recherche liégeois est le meilleur du groupe. Liège est, encore aujourd’hui, le seul pôle industriel capable de produire certains aciers de haute technologie » martèlent-ils. Le problème est que Lakshmi Mittal a déjà montré qu’il préfère arrêter des outils, plutôt que de les céder à un quelconque concurrent. Le bras de fer sera épique.¦