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Louis-Philippe Loncke l'aventurier "le plus drôle du monde"

-Louis-Philippe Loncke
L'aventurier belge Louis-Philippe Loncke veut faire parler de son expédition en Islande. Il nous présente son défi dans une vidéo buzz très décalée. Rencontre.

Le nom de Louis-Philippe Loncke ne vous dit rien? C'est possible. Le monde de l'exploration n'est finalement pas si connu. Et en Belgique, une fois qu'on a parlé d'Alain Hubert... il ne reste pas beaucoup de place pour les autres.

Louis-Philippe Loncke est un jeune ingénieur en informatique, originaire de Mouscron, mais désormais installé à Bruxelles. Sa passion? L'aventure ! Pour elle, il est prêt à mettre son confort de vie entre parenthèses le temps d'une exploration.

Déjà auteur d'un trek dans le désert de Simpson ou d'un périple de 400 kilomètres entre Katmandou et le camp de base de l'Everest, le Mouscronnois veut aujourd'hui réaliser la première traversée hivernale de l'Islande de la pointe extrême nord à l'extrême sud.

Louis-Philippe Loncke, vous faites parler de vous avec une vidéo youtube dans laquelle on vous voit danser tout au long de votre première traversée de l'Islande. L'humour est-il le bon moyen pour promouvoir votre projet? 

C'est un des moyens que j'utilise. C'est aussi une manière de montrer une autre partie de ma personnalité, un côté plus décalé.

Et différent de vos collègues explorateurs...

Oui sans citer de nom, je peux dire que d'autres personnes dans le monde de l'exploration ne sont pas aussi drôles. D'ailleurs quand on me demande si je veux devenir le "plus grand" explorateur, je réponds non plutôt "le plus drôle".

Drôle, votre vidéo l'est. Racontez-nous son histoire?

L'année dernière après les problèmes liés à l'éruption du volcan islandais, le ministère du tourisme local a réalisé une vidéo pour promouvoir l'île dans laquelle on découvrait des Islandais qui dansaiaent devant des paysages magnifiques . J'ai voulu faire une parodie de ce clip cet été... 

 

La vidéo doit permettre de faire connaître votre projet. Quel est-il?

Mon projet est divisé en deux parties. Dans un premier temps, j'ai traversé l'Islande cet été. Le but était de reconnaître le parcours avant ma traversée hivernale qui est l'objectif final. J'ai donc pris beaucoup de repères avec des photos, entre 1000 et 1500 clichés, et 700 points GPS.  Au mois de janvier, le terrain sera beaucoup plus difficile avec la neige, la glace et le vent sans parler de l'obscurité. Cette traversée hivernale et entièrement solitaire (sans aucune assistance morale ou matérielle) sera une première mondiale.

Finalement quel est l'objectif d'une pareille performance?

Il y a bien sûr une part d'égoïsme car ce qui me plaît c'est notamment de découvrir où sont mes limites et tenter de les dépasser. L'expédition poursuivra deux autres objectifs: éprouver un tout nouveau type de traîneau qui pourrait servir aux glaciologues; et poursuivre une série de tests de recherche sur le mental en milieu extrême en collaboration avec l'Université Paris IV.

Et quand partez-vous?

Je voulais partir cet hiver mais je ne suis pas prêt. Il faut trouver des sponsors, mobiliser les médias, tester le matériel polaire et développer le "Issnigil", ce traineau nouveau sur lequel je travaille et qui permettra de s'abriter en cas de besoin. Donc, je repousse la date de l'expédition de 15 mois. Je partirai le 2 janvier 2012.

 

Un traîneau inédit: "le Issnigil"

 

"En Islandais, cela signifie l'escargot de glace. Sa coquille doit me permettre de me protéger en cas de besoin. Le défi est de le concevoir ultra-léger en carbone kevlar pour pouvoir le transporter facilement. Son avantage: offrir un abri et être utilisable en 3 minutes, là où il faut parfois 1h pour monter une tente sous grand vent".

 

 

Des tests pour mesurer sa force mentale

 "J'ai déjà fait des tests pour mesurer le mental en milieu extrême lors de ma traversée du désert de Simpson. Les tests consistent en une série de petits jeux et en un questionnaire à remplir tous les trois jours... cela permet de mesurer la fatigue. Dans quelques années, ces études devraient permettre à chacun d'évaluer sa fatigue en cinq minutes. Un employé pourra ainsi savoir s'il est proche du burn-out".

Aventurier, c'est votre métier à temps plein? Votre gagne-pain?

Non, je travaille  comme ingénieur en informatique la journée et je me consacre à ma passion le soir et le week-end. Mais j'aimerais tenir davantage de conférences. J'ai des histoires et des enseignements à raconter, en matière de motivation, de ténacité, de résistance. Cela pourrait intéresser le monde des entreprises.

Quand vous êtes perdu dans la nature la plus extrême, avez-vous une pensée pour la Belgique, votre chez vous, votre famille ou bien êtes-vous totalement déconnecté?

Des explorateurs qui arrivent à déconnecter à 100%, je n'en connais pas. Certains déconnectent en écoutant leur iPod. Moi, je n'écoute pas de musique pour ne pas perdre une source de motivation si le lecteur tombait en rade. Mais, je pense à tout, je chante. Parfois c'est "I Will Survive" ou des chansons que j'aime mais parfois c'est la dernière musique que j'ai entendue avant de partir... J'ai ainsi traversé tout le désert de Simpson avec les "Pussicats Dolls". Une horreur. 
En exploration, on se motive aussi avec les paysages... Ce sera d'ailleurs un défi de plus pour moi en hiver car avec l'obscurité, je ne verrai pas grand-chose. C'est aussi ça le défi, pouvoir être seul, sans assistance, sans contact et dans le noir... le tout sans devenir dingue. C'est une expérience qui servira à d'autres.

 

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