BRUXELLES

Sans-papiers arrêtés chez Globe Aroma: le directeur du National Fabrice Murgia évoque «une rafle»

Sans-papiers arrêtés chez Globe Aroma: le directeur du National Fabrice Murgia évoque «une rafle»

Le directeur du National appelle à la «désobéissance civile», suivant le mouvement citoyen qui accueille des sans-papiers au parc Maximilien. Belga (Illustration)

Le directeur du Théâtre National Fabrice Murgia dénonce avec fracas ce mardi, sur les ondes de La Première (RTBF), l’action policière qui a mené vendredi à l’arrestation de personnes sans-papiers dans l’association culturelle Globe Aroma. Il évoque une «rafle» de la police sur la scène culturelle, perçue comme «un acte terroriste».

«Quand on gouverne en faisant peur au service public, il y a une forme de terrorisme», a-t-il insisté sur La Première. «On ne répare pas l’échec de l’intégration comme cela. Il ne faut pas faire de descente de police au Globe Aroma, il faut créer un deuxième et un troisième Globe.»

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Le directeur du National appelle à la «désobéissance civile», suivant le mouvement citoyen qui accueille des sans-papiers au parc Maximilien. Il invite les élus locaux à faire pression de sorte que les polices locales ne collaborent plus à de telles actions. Le bourgmestre de la ville de Bruxelles Philippe Close a demandé un rapport à la zone de police Bruxelles-Ixelles qui a participé à l’action de vendredi.

«Les visites domiciliaires ont levé la question sur l’État de droit, la démocratie qui part un peu en sucette. Quand une loge maçonique sort du bois, quand un journaliste est interrompu, quand des artistes sont interrompus, il y a des signaux qui ne trompent pas», a-t-il estimé.

L’Église choquée

Toujours sur La Première, l’Église catholique de Belgique a rejoint lundi la voix de la franc-maçonnerie pour dénoncer la politique migratoire du gouvernement fédéral. L’évêque de Liège Jean-Pierre Delville, référent de l’épiscopat sur la question des réfugiés, a également condamné l’action policière de vendredi et égratigné le projet de loi du gouvernement sur les visites domiciliaires. «Ca me choque, car nous sommes véritablement là à la limite de ce que la Constitution permet. Nous ne sommes pas d’accord […] Les évêques ne font pas des déclarations sur un projet de loi, il y a une certaine séparation entre l’Église et l’État […] mais nous devons proposer des alternatives», a-t-il dit.

L’Église de Belgique vient de publier un vade-mecum: «Réfugiés: comment mieux les accueillir», à l’initiative du vicariat de la ville de Bruxelles. «J’ai honte parce que nous ne sommes pas suffisamment accueillants par rapport au sud», a dit Jean-Pierre Delville. La politique du gouvernement, «c’est insuffisant», a-t-il jugé à cet égard.