BRUXELLES

Gestion du SIAMU: intimidations, menaces, burn-out? Trois ex-directeurs témoignent

Gestion du SIAMU: intimidations, menaces, burn-out? Trois ex-directeurs témoignent

La plus en verve au cours de la matinée fut Chantal Jordan, directrice générale du service administratif entre février 2013 et juin 2015. BELGA

Les auditions de trois (ex-)directeurs administratifs du Service de l’Incendie et de l’Aide Médicale Urgente (SIAMU) ont suscité un malaise perceptible parmi les membres de la commission des Affaires intérieures du parlement bruxellois.

Administration squelettique, mise à l’écart systématique par les officiers en charge de l’opérationnel, intimidations, menaces, burn-out, craintes des mandataires politiques d’intervenir face au risque de voir défaillir un corps indispensable à la sécurité: les auditions de trois (ex-)directeurs administratifs du Service de l’Incendie et de l’Aide Médicale Urgente (SIAMU) ont suscité un malaise perceptible ce mardi parmi les membres de la commission des Affaires intérieures du parlement bruxellois.

Ceux-ci procèdent depuis la semaine dernière à une série d’auditions pour tenter d’y voir clair dans la gestion du SIAMU, à la suite d’un rapport accablant de la Cour des Comptes sur la gestion défaillante des marchés publics au sein de ce corps de sécurité de la capitale au cours de la période 2012-2015.

La plus en verve au cours de la matinée fut Chantal Jordan, directrice générale du service administratif entre février 2013 et juin 2015. Entendue comme Johan Schoups, directeur général adjoint de février 2013 à février 2014 et Thierry Mercken, directeur général faisant fonction désigné après elle et suspendu en décembre dernier, elle a notamment expliqué avec force détails avoir fait l’objet d’un refus systématique de collaboration par les officiers de la direction opérationnelle.

«J’ai été la cible de harcèlement en bande organisée»

«L’attribution en 2013, en ma qualité de directrice générale, des pouvoirs de gestion administrative et financière a été contestée immédiatement par la direction opérationnelle et vivement appuyée par les organisations syndicales. J’ai été la cible de harcèlement en bande organisée, de «mobbing», de «bashing syndical largement relayé via la presse et à certains moments par l’autorité de tutelle en l’occurrence la secrétaire d’État Cécile Jodogne», a-t-elle dit d’emblée.

Chantal Jordan a déploré ne pas avoir été soutenue par l’actuelle secrétaire d’état Cécile Jodogne, qui a mis fin à une procédure destinée à étoffer le cadre administratif «squelettique» pour privilégier sa propre réforme. Selon elle, la secrétaire d’État l’a convoquée, «dans les cinq minutes» lorsqu’elle a refusé de signer un bon de commande de quatre véhicules de liaison pour les officiers, parce qu’elle se posait des questions un an après avoir signé un autre bon de commande de quatre autres véhicules de ce type.

«Un véhicule de service s’est retrouvé dans la région de Louvain pour servir à la femme de l’officier chef de service. C’est dans les rapports de la Cour des comptes. C’est aussi le cas d’un camion prêté à Middelkerke pendant dix ans pour lequel le service payait une assurance», a-t-elle dit à titre d’illustration.