Me Mayence, qui défend les intérêts d'Adrien Rompen, poursuivi de l'assassinat de son épouse Charlène Grosdent (32 ans) en avril 2015, a plaidé la tentative de meurtre estimant que, malgré les actes posés par son client à savoir l'étranglement de la victime, la jeune femme aurait pu survivre et demeurer dans un état végétatif, son client remplissant alors les conditions légales pour répondre de la prévention ainsi requalifiée.

L'avocat estime en effet que cette probabilité bien qu'infime n'a pas été prise en compte en droit. Le corps médical a estimé que les lésions étaient irréversibles et a encouragé la famille à se positionner sur le fait de débrancher la Welkenraedtoise. L'avocat considère dès lors que si la causalité entre la strangulation et le décès est admis, le doute doit subsister quant à l'intention réelle de donner définitivement la mort, intention remise en cause par la renonciation volontaire du prévenu matérialisée par l'appel des secours et le massage cardiaque.

"L'intention est présente dans le chef de mon client lorsqu'il a étranglé sa compagne, mais il se ravise et pose des gestes pour tenter de la sauver", explique Me Mayence partant du postulat que la strangulation est survenue dans un moment de colère au cours d'une dispute consécutive aux révélations du prévenu qui a avoué une relation extraconjugale et son intention de refaire sa vie.

L'avocat balaye par contre la préméditation retenue par le parquet estimant, en s'appuyant sur de nombreuses pièces, que cette circonstance aggravante, retenue uniquement lors du règlement de la procédure, était caduque faute d'avoir été étayée par des éléments dans le dossier.

"Rien ne le contredit de façon objective les déclarations faites par mon client en termes de timing, de traces de griffure, voire de cris lors de la dispute", a souligné Me Mayence qui a révélé la présence d'ADN d'Adrien R. sous les ongles de la victime, "preuve qu'il a bel et bien été griffé."

L'avocat estime également que les explications du parquet, au départ des passages de la conversation Whatsapp du 8 avril 2015 entre le prévenu et sa maîtresse, "sont dénuées de pertinence à partir du moment où il dit à sa maitresse qu'il va remettre de l'ordre dans sa vie et que dans le même temps il propose à un ami d'aller voir dimanche Standard-Anderlecht."

Me Mayence estime dès lors que ces échanges, même lorsqu'il fut question du divorce et d'une éventuelle durée de procédure longue, ne sont pas de nature à avoir servi de déclencheur afin de commettre un acte réfléchi.

La défense a également tenu à honorer la mémoire de la victime "morte pour rien". Une situation difficile à vivre depuis 31 mois par les parents de la victime, la maman de Charlène Grosdent ayant préféré quitter la salle au moment de la plaidoirie de la défense.

"La situation est compliquée. Les sentiments s'entremêlent entre rage, colère et incompréhension. On aurait préféré la gifle de la vérité que le tourbillon du mensonge. Les enfants grandissent sans leur mère arrachée à la vie de façon innommable. Son gamin la pleure tous les jours. Nous nous devons de leur dire la vérité car ils ont déjà dû faire face à suffisamment de mensonges", a déclaré en fin d'audience Michel Grosdent, le père de la victime.

Le jugement sera rendu le 21 décembre.