VERVIERS

Adrien Rompen a commis un assassinat, selon la partie civile

Adrien Rompen a commis un assassinat, selon la partie civile

Pour conclure à l’assassinat, l’avocat des parties civiles a épinglé une série d’incohérences dans les déclarations d’Adrien Rompen. -

Me Uerlings, avocat des parents de Charlène Grosdent (32 ans), a décortiqué jeudi matin devant la chambre criminelle du tribunal correctionnel de Verviers le dossier à charge d’Adrien Rompen, le mari de la victime, et a estimé au regard des éléments du dossier que le prévenu avait commis l’assassinat de son épouse le 8 avril 2015.

L’avocat a relevé une série d’incohérences dans les déclarations du prévenu pour aboutir à ce postulat. Il souligne tout d’abord les explications évolutives du prévenu qui parle d’un accident avant d’avouer, deux mois et demi après les faits, devant les enquêteurs puis le juge d’instruction, qu’il a étranglé son épouse, le rapport d’autopsie ayant conclu que le décès inévitable de la victime était dû à une pression du cou.

Le Welkenraedtois de 34 ans a déclaré que son geste avait été sa seule réaction à la furie dont avait fait preuve son épouse au moment où il venait de lui annoncer qu’il avait une maîtresse et qu’il allait la quitter. «Il l’étrangle pour l’apaiser mentalement avant de saisir sa tête et de la frapper violemment à deux reprises contre le sol, un appel à la vie selon lui», a rappelé Me Uerlings.

L’avocat a également souligné les incohérences temporelles entre les déclarations du prévenu et celles des différents témoins, estimant que les faits ont dû se produire aux alentours de 18h30, moment où la victime devait appeler sa mère. Il s’en réfère aux échanges entre le prévenu et sa maîtresse via Whatsapp, communications qui se sont achevées vers 18h00. Il relève aussi que la mère de Charlène a tenté de joindre cette dernière vers 19h15 et qu’elle n’a pas répondu. «Il y a réellement une plage horaire importante sur laquelle on ne dispose pas de tous les éléments.»

Qui a nettoyé les traces de sang?

Parmi ceux-ci, Me Uerlings insiste sur des traces de sang nettoyées, selon la première version du prévenu, des traces consécutives à la plaie résultant au coup à la tête. «Or, personne, parmi les intervenants, n’a vu ces traces. Quand les a-t-il nettoyées?»

L’avocat a également été interpellé par les déclarations d’une voisine qui avait expliqué à la barre que lorsque les voisins se disputaient, on les entendait. «Ce jour-là, pas de cris mais pas de traces de défense non plus», pointe l’avocat, qui estime que la victime a pu être prise par surprise par son compagnon et qu’elle a ainsi été frappée, la laissant sans réaction.

Pour Me Uerlings, la prévention de meurtre doit à tout le moins être retenue. Il plaide également la préméditation au regard du comportement du prévenu, du sang froid dont il a fait preuve depuis le début – «allant jusqu’à renier les déclarations de sa propre fille qu’il considère pourtant comme très intelligente. Il a berné tout le monde en commettant son crime un jour où ses enfants étaient présents car personne n’imagine commettre un tel acte en ces circonstances», a conclu l’avocat.

Au civil, les avocats ont sollicité 150.000 euros provisionnels pour les dommages moraux et matériels des parents de Charlène et des deux enfants.