Répondant à l'invitation des associations de défense des droits des étrangers, cinq députés francophones, dont deux fédéraux, ont visité samedi après-midi le centre fermé de Vottem, a-t-on appris auprès de Sotieta Ngo, la directrice générale de la Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Étrangers (CIRÉ).

Les députés fédéraux Julie Fernandez Fernandez (PS) et Michel de Lamotte (CDH), ainsi que les députés régionaux Matthieu Daele (Ecolo), Claire Geraets (PTB) et Fatoumata Sidibé (Défi) ont participé à la visite du centre fermé, puis à un échange relatif aux constats qu'ils ont pu y effectuer. Le bourgmestre herstalien Frédéric Daerden (PS) et le conseiller communal Adrien Croisier (MR) se sont associés à cet après-midi.

"Tous sont d'accord de définir le lieu comme étant réellement un milieu carcéral, avec ses ouvertures de grilles, l'absence de téléphones portables et autres entraves à la liberté", estime la directrice générale du CIRÉ. "Nombre d'entre eux ont fait part de leur émotion et de leur désapprobation au vu de ce qui se passe."

Estimant l'objectif de sensibilisation des invités atteint, Sotieta Ngo dit espérer un travail politique en aval. "Les députés ont été étonnés de croiser un jeune Soudanais âgé de 16 ans, poursuit-elle. Certains estiment par ailleurs que les 188 euros que coûte quotidiennement une personne incarcérée ici pourraient être utilisés à meilleur escient, dont à la formation et à l'insertion."

Samedi en fin d'après-midi, chaque député participant a reçu un questionnaire à faire remonter au niveau de son parti. Les alternatives à la détention, l'enfermement des enfants, le respect de la vie familiale des détenus, la transparence ou la mise en place d'un organisme de contrôle des centres constituent quelques sujets abordés dans ledit questionnaire. "Je suis satisfaite dans la mesure où la plupart des partis francophones étaient représentés ce samedi, ce qui est mieux que lorsque la même opération avait été organisée du côté flamand à Bruges, où seule Monika de Coninck (sp.a) avait répondu à notre sollicitation", conclut Sotieta Ngo.