Assises Brabant wallon - Un mystère plane encore à propos du pot de stupéfiants à l'origine de la dispute fatale

La présence sur les lieux du drame d'un pot ou d'une bouteille en verre contenant des stupéfiants a occupé la cour d'assises du Brabant wallon durant une partie de la journée, au deuxième jour du procès d'Hassen Ben Ammar. Cet habitant de Villers-la-Ville, qui a poignardé mortellement son épouse Delphine Purnelle et grièvement blessé sa belle-mère le 19 janvier 2014, explique qu'il s'est énervé après avoir trouvé chez lui un récipient contenant des stupéfiants. Ce récipient ne figure pas sur les photos des lieux prises par le team "constat" de la police fédérale.

Depuis les premiers instants de l'enquête sur la mort de Delphine Purnelle, dans la maison qu'elle partageait avec Hassen Ben Ammar, rue de la Batterie à Villers-la-Ville, l'accusé affirme qu'il s'est disputé avec son épouse après avoir trouvé des stupéfiants dans leur logement. Il lui reprochait de continuer à fumer du cannabis et de mettre ainsi la vie de leur jeune fils en danger. Mais déjà jeudi soir, au premier jour du procès, il a avoué qu'il était incapable de décrire avec précision le récipient en question, et disait ne pas se souvenir de la quantité de cannabis qu'il contenait.

Vendredi, alors que les enquêteurs retraçaient leur enquête en projetant des photos de leur descente sur les lieux le soir des faits, l'avocat général a pris Hassen Ben Ammar de l'avertir dès qu'il verrait, sur un des clichés, le pot en question. C'est que l'accusé a toujours dit que le récipient était visible, et qu'il n'y avait pas touché. Les enquêteurs, eux, affirment qu'ils n'ont pas vu de stupéfiants sur place. Et de fait, le pot en verre ne figure sur aucune des photos prises par le team "constatation" de la police fédérale, qui a pourtant photographié toutes les pièces de la maison.

A un moment, lorsqu'un cliché à montré un bureau où se trouvait un écran et d'autres objets, l'accusé a indiqué que le pot était sur ce meuble, derrière l'écran. Un agrandissement a permis de constater que ce n'était pas du tout le cas. Hassen Ben Ammar a alors prétendu que la photo n'avait pas été prise dans un bon angle...

En cours d'après-midi, l'avocat général a fait sortir des pièces à conviction un petit pot en verre qui contenait effectivement du cannabis, et qui venait de l'habitation de Delphine Purnelle. Il a demandé à l'accusé s'il s'agissait du pot à l'origine de la dispute fatale. Après avoir hésité, Hassen Ben Ammar a répondu par l'affirmative. Problème: le récipient n'était pas du tout à vue dans la maison: les policiers l'ont trouvé dans une boite de médicaments. Et il ne contenait que 0,12 gramme de cannabis: pour l'avocat général, si l'accusé l'avait réellement trouvé, il se serait sans aucun doute souvenu qu'il était pratiquement vide...

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