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La candidature des locataires nord-africains et subsahariens mise de côté dans 30 à 45% des cas sur le marché locatif bruxellois

Le marché locatif bruxellois n’est pas tendre avec les noms à consonance africaine.
Le marché locatif bruxellois n’est pas tendre avec les noms à consonance africaine. -EdA - J. R.

Ce n’est pas vraiment une surprise: les hommes au nom à consonance nord-africaine ou subsaharienne sont discriminés sur le marché locatif bruxellois. Ils sont mis de côté dans 30% des cas. Une étude objective cette dure réalité.

Dans la capitale, les hommes portant un nom à consonance nord-africaine ou africaine subsaharienne voient directement leur candidature à une location mise de côté dans plus de 30% des cas, ressort-il d’une étude sur la discrimination sur le marché locatif privé de la Région bruxelloise, réalisée par l’université de Gand pour la ministre bruxelloise ministre Céline Fremault (cdH), en charge du Logement. L’information est relayée ce 7 juin dans La Libre.

Selon l’étude, qui ne porte que sur les locations privées, 44% des hommes dont le nom est d’origine nord-africaine voient leur demande de candidature pour un logement mise directement de côté. Pour les candidats au nom à consonance subsaharienne, la proportion est de 30% des demandes, conclut l’université.

Celle-ci a réalisé des milliers de tests de correspondance, pour comparer des candidatures présentant ou non un marqueur de discrimination, comme une indication d’origine ethnique. Le critère du chômage apparaît aussi comme un élément de discrimination prépondérant: les demandes de logement des chômeurs sont mises de côté dans un cas sur trois.

Former les agents immobiliers

Pour faire changer les comportements, la ministre Fremault a lancé un plan d’action, qui passe entre autres par la formation des agents immobiliers. Leur institut professionnel (IPI) et Unia, le centre interfédéral pour l’égalité des chances, actualiseront le module en ligne de l’IPI et organiseront davantage de formations spécifiques anti-discrimination à destination des agents immobiliers. Unia a déjà réalisé ce type de formation, mais à petite échelle: seuls 30 agents immobiliers ont pu la suivre, alors que la Région bruxelloise en compte plus d’un millier.

Une campagne anti-discrimination sera aussi menée, notamment en ligne sur le site des agences immobilières, ou sous forme de capsules.

En outre, plusieurs mesures anti-discrimination ont été intégrées dans le cadre de la régionalisation du bail, comme l’encadrement d’une liste de données que le bailleur sera autorisé à demander à un candidat-locataire, un système de garantie locative destiné aux personnes précarisées, l’instauration du bail glissant, mais aussi une deuxième série de testing, pour vérifier si la campagne de sensibilisation a porté ses fruits. L’idée est de passer éventuellement par la suite à une «dynamique plus répressive».