NIVELLES

Un Mannequin Challenge contre le harcèlement

Les élèves du Sacré-Cœur ont réalisé un mannequin challenge géant dans le cadre d’une campagne pour dénoncer le harcèlement en milieu scolaire.

Les élèves de 3e et 4e année de la section animation de l’institut du Sacré-Cœur de Nivelles travaillent depuis le début de l’année scolaire sur une campagne de lutte contre le harcèlement. Le point d’orgue de leur mobilisation s’est déroulé ce vendredi avec la réalisation, au sein de l’établissement, d’un gigantesque mannequin challenge. Les six cents élèves ont formé une grande chaîne de solidarité «immobile» dont la vidéo sera prochainement mise en ligne sur YouTube. Toujours dans le cadre de cette action, les classes de la section animation ont composé un slam, réalisé des panneaux d’information, une carte postale et deux capsules vidéo.

L’objectif? Sensibiliser les jeunes à ce fléau et, surtout, les inciter à se confier lorsqu’ils en sont victimes.

«Le problème du harcèlement demeure un peu tabou, constate Marie-Christine Bolkaerts, professeure au Sacré-Cœur. Les jeunes n’osent pas beaucoup en parler, même à leurs parents, pour protéger ceux-ci. Avec cette campagne, menée dans le cadre de l’appel à projets lancé par la Fédération Wallonie-Bruxelles, on veut les aider à briser le silence.»

Le corps enseignant a pu vérifier à quel point le problème reste sensible. Les langues se sont déliées durant la préparation de la campagne.

«Rien que dans nos quatre classes, certains ont déjà subi des cas de harcèlement dans des proportions plus ou moins graves. Pendant les cours, il y a parfois eu beaucoup de pleurs au moment de les évoquer.»

Le phénomène du harcèlement (qu’il porte sur les origines, le physique ou un autre facteur) ne fait que s’amplifier depuis l’avènement de la téléphonie mobile et des réseaux sociaux.

Au cours de l’année, la section animation a mené l’enquête auprès de toutes les classes du Sacré-Cœur. Les résultats interpellent: 58% des élèves sondés indiquent avoir déjà fait l’objet d’insultes racistes ou avoir été affublés d’un surnom désobligeant; 38% se sont déjà sentis rejetés; 5% ont été victimes d’un racket avec menace; 25% se sont faits «cyber harcelés» et 25% disent avoir été frappés à répétition.

«On a aussi constaté que 61% des élèves ont déjà été témoins de faits de harcèlement et que 55% sont déjà venus en aide à un étudiant qui en était victime», ajoutent les jeunes sondeurs. Autre chiffre marquant: 17% des étudiants interrogés ont avoué être l’auteur de tels faits.

Au vu de ces statistiques, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour venir à bout des pressions en tous genres en milieu scolaire. Cependant, le Sacré-Cœur se donne autant que possible les moyens de les combattre. «Nous sommes une école ouverte au dialogue, poursuit Marie-Christine Bolkaerts. Les jeunes savent qu’ils peuvent venir nous trouver en cas de problèmes. Nous avons aussi le soutien du PMS, de l’AMO Tempo ou d’Infor Jeunes. Soit autant de services vers lesquels nous pouvons les aiguiller.»