CPAS

Des compensations insuffisantes

Des coûts compensés à 100% selon le ministre, à 16% selon les CPAS: divergences.
Des coûts compensés à 100% selon le ministre, à 16% selon les CPAS: divergences.-BELGAIMAGE

La Fédération des CPAS de Wallonie juge insuffisant le montant de 27 millions que le ministre fédéral de l’Intégration sociale, Willy Borsus, a décidé de libérer pour compenser les surcoûts engendrés par l’afflux de demandes émanant de chômeurs exclus depuis le mois de janvier.

Selon Willy Borsus, cette somme «va permettre de compenser à 100% les coûts directs liés aux 8 616 chômeurs exclus qui sont venus frapper à la porte de nos CPAS».

Mais dans un communiqué, la Fédération des CPAS wallons, tout en remerciant le ministre MR pour «ce premier pas très positif», estime que la somme ne compense que partiellement l’ensemble des coûts supportés par les CPAS dans ce dossier, qu’il s’agisse des sanctions ONEM ou des fins de droit aux allocations d’insertion, note-t-elle. «Et a fortiori si la compensation couvre l’un et l’autre, comme sous-entendu dans la récente communication ministérielle».

Les 262 CPAS wallons obtiendraient 13,14 millions d’euros. Or, le coût direct total des «fins de droit aux allocations d’insertion» à charge des CPAS pour l’année 2015 s’élève à plus de 21,5 millions d’euros, selon leur Fédération.

«Si l’on ne considère que les dossiers “ fins de droit aux allocations d’insertion ” obtenant un revenu d’intégration (RI), le montant débloqué par le gouvernement pour les CPAS wallons représenterait près de 62% du coût réel supporté par ces derniers», calcule la Fédération.

Elle ajoute que la somme qui compensait les «sanctions ONEM» jusque-là (49,12 euros par dossier et par an) est fondue dans les 27,8 millions d’euros. Et si l’on agrège l’ensemble des sanctions et fins de droit, alors le coût réel supporté par les CPAS wallons atteint 81,5 millions d’euros. «Dans ce cas, on peut parler d’une compensation pour les CPAS wallons de 16%».

Le ministre, lui, dit travailler à «un relèvement de la part de chaque minimex versé que nous prenons en charge».