Une vie sans plastique, c’est possible !

Elise fait ses courses dans l'épicerie qui vient d'ouvrir au coin de la rue
Elise fait ses courses dans l'épicerie qui vient d'ouvrir au coin de la rue-EdA
Faire ses courses au marché, utiliser des sacs en papier et des bouteilles en verre, ce n’est pas si compliqué et c’est même économique. La preuve avec Elise qui vit sans plastique depuis un an.

Elise a 27 ans, elle est architecte. Quand elle est rentrée de Berlin, il y a un an, une idée a germé dans sa tête : et s’il était possible de consommer moins de plastique ? « Je rentrais des courses, et la première chose que je faisais c’était de jeter tout ce plastique dans la poubelle, ça me rendait folle », explique la jeune femme. A partir de ce jour là, Elise n’a cessé de chercher des alternatives pour modifier sa consommation : « ce qui est difficile au début, c’est de trouver les adresses où l’on puisse acheter de la nourriture en vrac, comme des pates, du riz ou du lait. Mais progressivement, on trouve et on se créer un réseau de bonnes adresses ».

Changer ses habitudes

Pour remplir son étagère, Elise va dans l’épicerie bio au coin de sa rue ou au marché des Tanneurs. Elle achète ses produits de beauté chez Lush, son lait à la crémerie de Linkebeek et elle nettoie sa vaisselle avec du marc de café et du citron. Parfois, elle récupère les invendus des épiceries et des boulangeries. « Cela fait des lustres que je n’ai plus mis les pieds dans un supermarché. Pour être sincère, j’ai triché une fois… J’étais en Hollande et je ne connaissais pas d’épicerie alors j’ai acheté des produits emballés », avoue-t-elle un peu honteuse. Personne n'est infallible. Quand elle rentre du boulot, et qu’il est tard, elle regrette de ne pas pouvoir mettre une pizza au four, comme le font ses colocataires : «  ce serait plus facile mais je tiens bon. C’est vrai, cela demande un peu plus de temps et d’organisation que de tout acheter au supermarché, mais on s’y habitue vite ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Je dépense beaucoup moins qu'avant"

En supprimant sa consommation de plastique, en recyclant et en réutilisant, Elise a fait une découverte étonnante : elle y gagne de l’argent. « Avant je dépensais 70 euros par semaine pour mes courses, aujourd’hui elles me coutent 40 euros. En achetant en vrac, je gère beaucoup mieux ma consommation de nourriture ».Par exemple, au lieu d’acheter 3 kilos de pommes de terre comme avant, elle ne prend que ce dont elle a besoin pour la semaine.

Une obsession ?

Lorsque l’on commence, comme Elise, à faire attention à ce que l’on consomme et gaspille, on se rend compte qu'il faudrait changer presques toutes ses habitudes : «  a un moment donné, j’ai voulu ne consommer que ce que je produisais dans mon potager. Mais c’est une illusion que de croire que l’on peut arrêter de consommer. Il y a des choses dont je ne peux me passer comme les médicaments, mon téléphone et mon ordinateur. Je n’utilise plus de plastique et j’ai un composte mais je n’ai pas encore réussi à me passer de papier » avoue Elise.  Aujourd’hui, la jeune femme fait ce qu’elle peut, mais elle aimerait  faire encore plus d’efforts :« j’aimerai trouver des vêtements et des chaussures sans fibres synthétiques et dans le cadre de mon travail, j’aimerai faire des recherches sur les bioplastiques et les biomatériaux ».

 

La fin du pétrole pour 2050 ?

Les scientifiques semblent s’accorder sur un point : la demande de pétrole ne cesse d’augmenter et les ressources s’épuisent. D’ici 2050, il n’en existera peut-être plus une goutte. Au regard de ces estimations alarmantes, la démarche d’Elise ne semble pas dénuée d’intérêt. Parce qu’elle veut faire passer son message, l’architecte est active dans des associations locales.  Elle a aussi lancé un blog sur lequel elle partage ses motivations et conseils. Mais pour elle, ce n’est pas suffisant car sans l’impulsion des gouvernements, nous n’arriverons jamais à réduire notre empreinte écologique : « il y a des initiatives communales  qui visent à réduire la consommation de déchets, je pense notamment à l’introduction de sacs compostes ou de la campagne d’allégement des poubelles, mais ce n’est pas assez. Les gouvernements ne peuvent pas espérer de leurs propres citoyens de faire des efforts si eux-mêmes, ils ne le font pas». Elise insiste, les gouvernements et les industries doivent mettre en place des politiques efficaces de réduction des déchets, s’ils espèrent changer les habitudes et les mentalités des citoyens.  

 

Ce n’est pas toujours facile, d’assumer le regard intrigué des gens quand elle refuse une paille dans son verre ou lorsqu’on lui propose un sac plastique. Certaines mauvaises langues vont même jusqu’à dire qu’elle ment et qu’elle va jeter ses plastiques dans les poubelles extérieures. Pourtant, Elise ne se laisse pas décourager. Elle remarque aussi qu’autour d’elle, ça bouge. De plus en plus d’initiatives d’échanges de produits, comme les GASAP, voient le jour, les épiceries bio poussent comme des champignons, les habitants se réunissent autours de potagers collectifs et puis, de nombreuses grandes surfaces font payer leurs sacs…ca fait réfléchir non ?

 

Trucs et astuces d’Elise 

Les produits de beauté et d’entretient

Une bonne adresse pour les produits de beauté : chez Lush. La politique du magasin est d’éviter le suremballage. Les cadeaux sont emballés dans du papier recyclé, mais on peut aussi acheter des produits nus ou réutiliser l’emballage. Là bas, Elise achète son dentifrice, réalisé à base de bicarbonate de soude et d’épices. Comme déodorant, elle utilise de l’huile essentielle de rose, qui ne contient pas de parabène, de phtalates, ou d’anti-transpirants que l'on trouve dans la plupart des déodorants de grandes surfaces. Le gel douche est remplacé par du savon au miel, plus doux pour la peau. Le citron est excellent comme après-shampoing tout comme l’huile de coco pour nourrir la peau. Pour nettoyer son linge et sa maison, pas besoin de 50 produits différents. Le bicarbonate de soude et le savon noir sont utiles pour nettoyer presque toutes les surfaces. Et ne jetez pas votre marc de café, c’est un dégraissant super efficace pour la vaisselle.

Faire du shopping dans les « farmers markets »

C’est l’option idéale pour acheter directement sa nourriture chez le producteur. Le must sur Bruxelles, c’est le marché des Tanneurs près de la gare du Midi. Pratiquement toute la nourriture de base s’achète en vrac ou dans des containers en papiers et réutilisables.

Toujours avoir un sac sur soi

C’est bien beau de toujours dire « non » lorsque l’on nous propose un sac en plastique mais encore faut-il avoir autre chose sous la main pour transporter ses courses. Elise a toujours un sac réutilisable ou un sac à dos avec elle. Elle transporte aussi un récipient, en verre ou en papier, au cas ou elle achèterait du fromage ou des fruits.

Arrêter les surgelés

Ils sont toujours emballés dans des sacs en plastique. De toute façon les frittes coupées à la main sont meilleures. Pareil pour les boissons et les produits laitiers, c’est mieux d’acheter des bouteilles en verre !

Oser demander

Les supermarchés, les épiceries et les boulangeries jettent énormément, parfois un ravier de fraises légèrement abimées ou un pain qui ne pourra être vendu le lendemain. Il suffit d’aller tôt le matin ou un peu avant la fermeture, vous ne perdez rien à demander. Les commerçants préfèrent toujours donner que de jeter les invendus ! 

Voici une carte pour vous aidez à trouver les marchés et magasins où l'on peut acheter sans emballages à Bruxelles

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