JUDICIAIRE

Joëlle Milquet: le quitte ou double

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--BELGA

Les nuages noirs s’accumulent au-dessus de l’ancienne présidente et fondatrice du cdH, et actuelle ministre de l’Éducation. L’orage menace-t-il? Le cabinet de Joëlle Milquet est-il en train de prendre l’eau?

Le ciel lui est-il tombé sur la tête? Le sol s’est-il dérobé sous ses pieds? En une année, avec une accélération fulgurante ces dernières heures, Joëlle Milquet est prise dans une tourmente de tous les diables. La voici suspendue au fil d’une inculpation ou non. Le parquet général oppose pour l’heure un silence total sur l’issue des perquisitions menées hier soir. Du côté de la ministre Milquet, un même silence.

La puissance de frappe impressionne: trente policiers mobilisés et des perquisitions à la fois aux bureaux de la ministre, place Surlet de Choquier et à son domicile. On ne déploie pas de tels moyens à la légère contre une ministre en fonction. Le tout sous le regard des caméras.

Joëlle Milquet a-t-elle, ou non, recruté des collaborateurs pour mener sa campagne électorale sur le compte de son cabinet de vice-Première ministre et de ministre de l’Intérieur de l’époque? Les soupçons avaient été mis en lumière en février 2014 par le «Vif/L’Express». Il aura fallu du temps et de la prudence pour que la machine judiciaire se mette en branle. Et pour cause: s’attaquer à une ministre en fonction est délicat.

Pendant ce temps, les questionnaires des épreuves externes fuitent les uns après les autres, entraînant annulation d’examen après annulation. Histoire, néerlandais, sciences et maintenant langues modernes? Joëlle Milquet tente de colmater coup après coup. Dans un communiqué, la ministre de l’Éducation dit «déplorer fortement cette addition de fuites jamais connues auparavant, par rapport à une procédure complètement identique les années précédentes. Cette coïncidence pourrait susciter quelques questionnements.»

«Il lui faudrait une communication de crise d’urgence»

Joëlle Milquet n’est pas au bout de ses peines. Tout s’accumule. Car voici que la députée Écolo Barbara Trachte (Écolo) vient de faire savoir au journal «Le Soir» que «devant certaines écoles, on vend aux élèves les questions du CE1D de demain» (jeudi). Il s’agirait donc des questions relatives à l’épreuve écrite en langues modernes.Le FDF vient de réclamer d'urgence une commission d'enquête. "C'est honteux, tant pour les élèves qui se sont préparés à ces épreuves que pour le corps enseignant et l'image générale de notre enseignement", réagissent les députés FDF, Caroline Persoons, Joëlle Maison et Emmenaule de Bock.

«Il lui faudrait maintenant une communication de crise d’urgence», estime un observateur qui la connaît très bien. «Mais depuis un an, c’est justement au niveau de son entourage que ça semble coincer: elle a un entourage qui ne la protège pas.» Et d'ajouter: «elle s’en est toujours sortie. Toujours. Mais cette fois si c’est le cas, vraiment, on pourra dire quel animal politique».