COUR D’ASSISES DE LIÈGE -

Les tueurs d’Ihsane Jarfi ont un passé tumultueux

Le président de la cour d’assises Philippe Gorlé.
Le président de la cour d’assises Philippe Gorlé.-BELGA

Les interrogatoires des accusés ont débuté lundi après-midi devant la cour d’assises de Liège au procès des tueurs présumés d’Ihsane Jarfi.

Les quatre accusés ont résumé les différentes étapes de leur existence. Tous ont vécu une vie tumultueuse avec des épisodes de violences.

L’interrogatoire des accusés réalisé ce lundi par le président Philippe Gorlé portait uniquement sur leur personnalité. Ils ont été questionnés sur leur situation familiale, sur leur parcours scolaire et sur leur situation professionnelle à l’époque des faits.

Mutlu Kizilaslan est né d’un couple de parents turcs musulmans établis à Verviers. L’accusé a étudié la maçonnerie et la gestion, puis il s’est lancé dans la tenue d’un snack pitta à Waremme. Après la fermeture, il a occupé divers jobs d’intérimaire en qualité de pontier ou d’opérateur. En 2009, à l’âge de 25 ans, Mutlu Kizilaslan était déjà endetté pour 35 000 euros.

Après avoir causé un incendie volontaire, Mutlu Kizilaslan a été impliqué dans une scène de règlement de compte, lors de laquelle il a reçu une balle dans la jambe. «C’est à partir de cet événement que ma vie a basculé», a soutenu l’accusé. Kizilaslan a consommé de l’alcool et de la drogue. Il a tenté de mettre fin à ses jours.

En avril 2010, Mutlu Kizilaslan a été impliqué dans un vol avec violence. «Mais ce n’était rien de grave», a-t-il affirmé. En 2011, l’accusé a suivi une cure de désintoxication, où son agression était calmée à coups de sédatifs. Il a ensuite renoué avec sa compagne, laquelle a constaté une augmentation de son degré d’agitation lorsqu’il a cessé de prendre des sédatifs. Incarcéré depuis l’homicide d’Ihsane Jarfi, Mutlu Kizilaslan est devenu père d’une fille en octobre 2012. Selon lui, dans la religion islamique, l’homosexualité se situe à un degré de gravité plus élevé que la consommation d’alcool.

Jérémy Wintgens a vécu une scolarité médiocre. Il était connu pour être gentil mais aussi pour certains épisodes de violences. En 2008, il a été impliqué dans une dispute avec son voisin et l’a atteint de trois tirs de carabine à plomb. En mars 2010, le jour de l’enterrement de sa maman, Jérémy Wintgens a violemment projeté sa sœur sur une voiture puis lui a donné un coup de pied dans le dos. Il aurait été mécontent du partage inégal de l’héritage.

Jérémy Wintgens a aussi été impliqué dans un vol avec violence avec Mutlu Kizilaslan dans une station-service et dans différentes scènes de coups. Il a fait la connaissance de Lekeu et Parmentier à l’Asbl Régie de Quartier d’Engis. Il a pratiqué la boxe en leur compagnie mais ses principales occupations reposent sur les jeux vidéo et la consommation de drogue et d’alcool avec ses amis.

Lors de son interrogatoire, Jonathan Lekeu a confirmé qu’il a suivi des études primaires avec succès mais qu’il s’est ensuite orienté vers des activités plus manuelles. Il a fait une formation de menuisier. A l’exception de petits jobs temporaires, il n’a jamais connu de longue occupation professionnelle. En octobre 2010, il a été impliqué dans l’agression violente d’un handicapé sexagénaire.

Éric Parmentier a également vécu une scolarité chaotique. Il a terminé ses études primaires mais a galvaudé ses années de formation professionnelle. Cet accusé a connu sa première incarcération à l’âge de 19 ans. Il a multiplié les faits de délinquance et a endossé de nombreuses condamnations. Son casier judiciaire comporte 4 pages. Parmentier a épousé récemment une dame qui a été condamnée pour meurtre.

Mardi, la seconde journée du procès sera intégralement consacrée aux interrogatoires des accusés. Le président Philippe Gorlé les interrogera cette fois sur le fond de l’affaire.