NAMUR - Cour de cassation

Trafic d’armes : peine définitive pour Hubert Defourny

Le militant d’extrême droite et amateur de gros calibres avait été condamné à 12 mois de prison ferme, avant de bénéficier du sursis.

Au moment de son arrestation en 2004, Hubert Defourny, né à Rocourt en mai 1956, avait été servi royalement dans la presse. Il venait à nouveau de tomber pour l’exercice d’un art dans lequel il excelle, le trafic d’armes. Oui, il était récidiviste en la matière. Mais, mieux, certaines armes qu’il fournissait sous le manteau avaient été volées à la Défense nationale. Pas moins! Ce trafic-là, ne revenons pas sur les précédents, s’était déroulé dans le Namurois, à Fosses-la-Ville notamment.

Tout le monde en parle…

Oui, la presse en avait fait ses choux gras quand Defourny avait été arrêté. Et pour cause. Les autorités judiciaires de la paisible cité mosane avaient été averties des activités louches de comparses du quinqua et le procureur du roi avait pris sérieusement les choses en mains, mandatant en bonne et due forme un agent infiltrant, appelé aussi un pseudo-acheteur, pour s’insérer dans le milieu.

Et, le 29 novembre 2003, l’homme de l’ombre se présentait chez Pierre G., né en septembre 1964, à Vedrin. Lequel n’avait pas sourcillé pour lui vendre deux pistolets Walther, modèle PKK, pour le prix de 1 750€. Le «mouchard» est encore revenu à la charge une semaine plus tard et son interlocuteur lui a signalé qu’il allait entrer en possession de neuf «pétoires», dont il avait détaillé toutes les qualités. Devant l’intérêt manifesté par le pseudo-acheteur, le Namurois avait appelé Defourny et lui avait laissé un message sur sa boite vocale.

Puis, à la mi-janvier 2004, la barbouze s’était repointée chez Pierre G. qui avait fixé le montant de la transaction à 24 000€. Après avoir examiné le matos, le «doulos» avait fait sonner les gendarmes et les perquisitions avaient pu commencer. Avec la surprise du chef pour commencer: les armes avaient été volées à la Défense!

Quatorze conteneurs!

Et le Liégeois, connu pour ses idéaux fascistes depuis les années 1980, est tombé à son tour, après avoir été balancé par son comparse. L’enquête va être menée à un train d’enfer par la PJF de Namur, jusqu’à découvrir que 14 conteneurs de l’armée avaient été vidés de toutes leurs armes. Neuf conteneurs de la 1re Compagnie du 12e de ligne de Spa et 5 conteneurs de la Section KDR. Les maraudeurs y avaient mis, à la place, du béton et de l’acier. Du travail d’artiste!

Enfin, l’instruction judiciaire mènera à Freddy M., de Fosses-la-Ville. Devant le tribunal correctionnel de Namur, seul Defourny avait écopé de détention ferme, 12 mois. Puis, en appel à Liège, il avait décroché un sursis pour ce qui excède la préventive. Jusqu’au bout, il s’est battu en cassation. Mais en vain. La haute Cour vient de confirmer.