LITTÉRATURE

Éric-Emmanuel Schmitt parle d'amour et... des perroquets de la place d'Arezzo

« Ce mot simplement pour te signaler que je t’aime. Signé : tu sais qui.» Dans son nouveau roman, Éric-Emmanuel Schmitt parle d’amour et de sexualité sur fond de… perroquets bruxellois.

« Un jour, nous confie Éric-Emmanuel Schmitt, j’ai voulu envoyer un mot d’amour anonyme à quelqu’un. Pour moi c’était évident que cette personne me reconnaîtrait. Puis je me suis dit qu’elle risquait de se jeter sur un autre (rires)… Je ne l’ai pas envoyé, l’anonymat peut être dangereux. »

Mais si le désormais auteur belge n’a pas envoyé sa déclaration anonyme, elle n’a pas été perdue pour tout le monde et constitue le point de départ de son nouveau roman, Les perroquets de la place d’Arezzo. « Dans cette histoire, poursuit l’auteur, 15 à 20 personnes qui fréquentent toutes le même quartier, reçoivent un mot d’amour anonyme. Comment vont-elles réagir.  À partir de là, je savais qu’elles allaient se croiser, que leurs destins allaient se mêler.»


Les perroquets et les perruches existent bel et bien et occupent les arbres de la place d’Arezzo, un coin plutôt huppé de Bruxelles, aux frontières d’Ixelles et d’Uccle, proche du quartier où vit Éric-Emmanuel Schmitt. « La place est un endroit fascinant. Quand vous y êtes, vous avez l’impression d’avoir les images d’un film dans une ville d’Europe du Nord et le bruit d’un autre film qui se déroulerait en Amazonie. Quand je suis arrivé là pour la première fois, j’ai cru que c’était une blague… Il y a comme une opposition entre l’extérieur très civilisé des lieux et l’intérieur, sauvage. »

Découvrez dans notre vidéo ci-dessus (juste sous le titre de cet article) cette place de Bruxelles et ses inattendus oiseaux colorés.
 

Cette civilité extérieure, cette sauvagerie intérieure, on les retrouve dans Les perroquets de la place d’Arezzo. Les personnages qui se croisent sont autant de personnalités, autant de façons d’aimer mais aussi de souffrir différentes. On découvre un couple d’homosexuels, un jeune et beau sidéen, une jeune attachée de presse amoureuse d’un grand avocat, un père trop parfait pour être vraiment honnête, une vieille dame amoureuse de son perroquet, des ados, des adultes, tous avec leur histoire d’amour. Et un petit mot glissé dans leur boîte aux lettres : «Ce mot simplement pour te signaler que je t’aime. Signé : tu sais qui.»
 


« C’est un roman choral dans lequel je veux montrer qu’il y a autant de façons d’aimer, autant de sexualités différentes qu’il y a de peaux. Chacun arrive avec une histoire et des désirs différents. Je voulais écrire une petite encyclopédie romanesque des manières d’aimer. »

Une fois n’est pas coutume, c’est un roman assez imposant, plus de 700 pages, que nous propose Éric-Emmanuel Schmitt. « Une encyclopédie ça prend de la place, affirme-t-il en riant, je voulais aussi montrer qu’il n’y a pas de normalité en matière d’amour ou de sexualité. Et finalement arriver à une profonde indulgence. Pour moi, tant qu’il y a accord entre les parties, rien n’est répréhensible. »

Érotique Les perroquets de la place d’Arezzo, dans cette mouvance des romans plus «chauds» qui sortent depuis quelques mois ? « Non, ça reste très correct et lisible par tous. Dans la littérature, il y a toujours des mouvements de flux et de reflux. Nous retrouvons actuellement plus de liberté, un peu comme dans les années 70. Avant les années Sida… »

Éric-Emmanuel Schmitt nous a accordé une longue interview. Retrouvez-la en intégralité dans le supplément Deuzio, de L'avenir, de ce samedi 7 septembre 2013.

Éric-Emmanuel Schmitt, « Les perroquets de la place d’Arezzo », Albin Michel, 730 pages.