MOBILITE

La gouvernance des TEC est bien hors de prix

11 administrateurs en Flandre et... 132 en Wallonie. EdA

La structure des transports publics coûte bel et bien (beaucoup) plus cher en Wallonie qu’en Flandre. Quel est donc le secret de « De Lijn » ?

La première charge a été sonnée par Willy Borsus, qui avait épinglé (cf. nos éditions du 8 septembre) le nombre pléthorique d’administrateurs des TEC wallons. La Cour des comptes (cf. ci-dessous) en remet une couche aujourd’hui.

Dans la foulée, la comparaison des rapports d’activité 2010 livre un constat interpellant : rien qu’en jetons de présence, la SRWT et ses diverses composantes ont dépensé, l’an dernier, 241 630,50 euros de plus que leur homologue flamande ! Comment donc, fonctionne « De Lijn » ? « Avec un seul conseil d’administration, dont relèvent les directions régionales », explique, à Malines, son directeur, Roger Kesteloot, nommé pour un mandat de six ans.

Des directions régionales largement autonomes…

Elles gèrent elles-mêmes le développement de leur réseau, selon une méthodologie commune, et prennent les contacts nécessaires avec les autorités locales. C’est également à leur niveau que se déroule le dialogue social : chacune d’entre elles a son conseil d’entreprise. Le conseil d’administration, dont les membres sont nommés par le gouvernement flamand, répartit, lui, les décisions stratégiques, en fonction d’une clé de répartition, qui respecte des équilibres sous-régionaux.

Quel est le budget annuel de De Lijn ?

Il est de quelque 950 millions d’euros, assurés à 85 % par la dotation régionale (820 millions environ) et à 15 % par ses recettes d’exploitation. De 2000 à 2009, la dotation a crû au rythme de l’augmentation du nombre de kilomètres parcourus et du nombre de passagers.

Depuis 2010, comme toutes les administrations flamandes, nous devons appliquer un programme d’économie, en touchant le moins possible à l’offre de service. Nous avons ainsi épargné 25 millions en 2010, et 20 millions supplémentaires en 2011. Pour 2012, notre dotation est maintenue à son niveau de 2011, et il nous sera plus difficile d’économiser. D’autant qu’aux termes de l’accord de gouvernement flamand, nos tarifs ne peuvent augmenter qu’au rythme de l’index. Ils sont d’ailleurs très proches de ceux des TEC wallons.

Les problèmes, de sécurité notamment, auxquels De Lijn est confrontée, sont eux aussi fort semblables à ceux que rencontrent les bus wallons…

Surtout à Anvers, où nous avons même connu un incident mortel, l’an dernier. Pour y faire face, nous avons défini des mesures sécuritaires, en concertation avec les syndicats. Nous avons aussi constitué une commission, qui, en urgence, se réunit en cas de besoin. Le modèle a bien fonctionné, mais il atteint ses limites. Nous avons, nous aussi, connu des grèves sauvages…