ECONOMIE

Énergie verte : la Wallonie avance en solo

La Wallonie veut cravacher pour doper l'électricité verte. Ce qui déclenche une foule de questions.
La Wallonie veut cravacher pour doper l'électricité verte. Ce qui déclenche une foule de questions.-EdA
La Wallonie veut «cravacher» pour doper l'électricité verte. Ce qui déclenche une foule de questions. Et quelques doutes.

On ne peut pas dire que les dernières décisions du gouvernement wallon laissent le Parlement indifférent. Il n'était pas prévu de vrai débat sur les certificats verts et sur l'électricité de la même couleur. Mais il a quand même (un peu) eu lieu, hier en commission de l'Énergie.

Tous les partis ont posé des questions, parfois longuement. Et le ministre compétent Jean-Marc Nollet (Ecolo) a répondu plus longuement encore.

1. 30 % en 2016
Pour rappel, le gouvernement wallon a décidé de ne pas attendre le fédéral pour booster l'électricité verte chez nous. Et ça passe par une augmentation des quotas de certificats verts. Ils progressent de 2,25 % par an (ce qui était prévu jusqu'en 2012) à 3,65 % par an. Concrètement, les conséquences sont impressionnantes : les quotas de certificats verts ont été fixés à 19,4 % pour 2013, 23,1 % en 2014, 26,7 % en 2015 et 30,4 % pour 2016.

Selon Jean-Marc Nollet, cette croissance est indispensable si la Wallonie veut atteindre l'objectif de 20 % d'énergie renouvelable dans la consommation finale d'énergie d'ici 2020 «dans le cadre d'une consommation énergétique maîtrisée », précise-t-il.

2. Nucléaire : l'occasion!

L'augmentation des certificats verts devrait avoir des conséquences non négligeables sur la production d'électricité verte : «Celle-ci pourrait atteindre environ 30 % de la fourniture d'électricité en 2016. Vous conviendrez avec moi que ce développement constitue une avancée majeure pour les prochaines années. L'électricité verte passera d'un statut d'énergie marginale à celui d'une énergie substantielle dans le "mix" électrique de la Wallonie », résume Jean-Marc Nollet. Et c'est là qu'Écolo tient peut-être sa revanche : «C'est un signal fort permettant au niveau fédéral d'aborder la sortie progressive de l'énergie nucléaire au niveau belge de manière plus assurée et sereine ».

3. Investissements et emploi
Le ministre l'assure : les enjeux ont été longuement soupesés avant de venir au gouvernement avec ce projet. Large consultation toujours en cours avec le secteur et avec une série d'organismes, études préparatoires... Parmi celles-ci, le dossier du consultant international CapGemini semble avoir pesé lourd. Le ministre n'a pas transmis cette étude aux députés. Mais on y apprend, dit-il, qu'un soutien public de 419 millions ¤ aux filières «énergies renouvelables», via des certificats verts par exemple, générerait des investissements annuels approchant de 1,2 milliard ¤. «Chaque euro de soutien public au secteur engendrerait un investissement global de 3 ¤ », dit-il. «Avec des répercussions positives sur l'emploi en Wallonie. » De quelle ampleur? Selon la même étude, on se situerait entre 7 800 et 23 000 nouveaux emplois wallons.

4. Et la facture?

Inquiétudes au MR et au PS : au final, combien tout cela va coûter au consommateur? Le ministre répond : en moyenne, la tranche de facture d'électricité qui correspond à l'énergie verte représente 4,4 % du montant réclamé. Et ça diminue pour les clients qui adoptent la consommation URE (utilisation rationnelle de l'énergie). Et puis, l'influence prépondérante du marché mondial sur les prix est indéniable. Jean-Marc Nollet en profite pour revenir avec la sortie du nucléaire : «Une éventuelle poursuite du nucléaire en Belgique contribuera au maintien de la position dominante de l'acteur historique (Electrabel, NDLR) et entrave le développement de la concurrence. » Contrairement au renouvelable. CQFD.