Blue Velvet : pour la bonne réponse, c'est au niveau 2 Rock

Voilà bien un groupe qui a de la personnalité en retrait du magma des albums bourrés de boucles de synthé. Car à parcourir son Level 2,

le duo liégeois de Blue Velvet en pince passionnément pour les bonnes «vieilles» cordes. Celles dans lesquelles Mirco Gasparrini et pH (Philippe Henrion) ont commencé à brasser leur folk intimiste, il y a 5 ans, avec les cafés de la cité ardente pour seuls témoins. Aujourd'hui, leur réseau fait fi des frontières mosanes par la grâce d'un premier album enrichi de nouvelles explorations musicales. C'est que la «lutherie» informatique et les guitares électriques se sont, entre-temps, invitées à la partition. Sans compter, la patte d'un Rudy Trouvé (ex dEUS, Dead Man Ray, Kiss my jazz) forcément séduit par le côté «bricolé» des premières maquettes et, surtout, enchanté d'assurer quelques riffs sur trois morceaux.

Des amours low-fi des premiers jours, restent aujourd'hui quelques bruitages (répondeur téléphonique) et des moments de... silence utiles à la coloration d'un véritable roadmovie qu'un David Lynch (tiens, tiens... Blue Velvet) n'aurait pas renié. «La tracklist est devenue importante quand on s'est rendu compte que les morceaux pouvaient raconter une histoire en les mettant dans un certain ordre, explique Philippe Henrion. C'est un peu l'histoire de deux personnes qui se comprennent tellement bien qu'elles n'ont plus besoin de se parler. À force, le clash va intervenir. Et elles en sortiront différentes. D'où le titre de l'album. Level 2, c'est l'étape suivante comme dans un jeu vidéo. Un nouveau départ.» À l'exigence de la première écoute, il y a déjà beaucoup de relief dans cet album. Les révélations suivantes renforceront la conviction d'un travail soigné (le refrain de Message on my lips à fredonner à l'infini) et personnalisé. Car Blue Velvet brouille souvent les pistes et multiplie les contrastes en enrobant, par exemple, un texte noir d'un emballage country (Poison

). «Il y a plusieurs ambiances, même si cela reste du rock indépendant. Certains morceaux peuvent avoir un côté sombre, mais le côté folk nous plaît toujours. On apprécie écouter Johnny Cash.» Et, on appréciera écouter Level 2 à la sauvette ou, au choix, avec toute la concentration voulue pour trouver la bonne réponse. S'il y en a une.

Anorak Supersport/Pias

Suivez notre page Culture sur Facebook