The Tellers, cavalier seul Pop-rock

Il y a quatre ans, Ben rencontrait Charles. Ensemble, ils forment The Tellers. Un groupe à la pop-folk délicieusement mélancolique et sucrée.

Encensés par les jeunes filles en fleurs, usés par une interminable tournée... Ce qui devait arriver arriva : les deux meilleurs amis du monde finissent par ne plus se supporter et Charles quitte le navire. La fin d'une belle histoire mais pas du groupe, puisque Ben a repris sa guitare, bien décidé à poursuivre l'aventure.

Quel regard portes-tu sur ces quatre dernières années ?Tout est allé très vite. Notre EP marchait un peu. On a trouvé deux potes pour monter sur scène. On a fait Dour. C'était horrible, le pire concert de notre vie. Puis, on a enregistré l'album un peu dans l'urgence. Pendant qu'on enregistrait, on composait nos morceaux dans le parc juste à côté du studio. Et on a enchaîné avec une tournée d'un an et demi.Un an et demi, ça use.J'ai eu des tensions avec Charles, alors qu'on était vraiment les meilleurs amis du monde. C'était super-fusionnel et passionné comme relation, limite comme une relation amoureuse.

On s'engueulait pour des bêtises. Si la chambre ne nous plaisait pas, on était capable de péter un plomb. C'était lamentable. T'imagines ? Un peu comme des Rolling Stones mais qui auraient vendu 2 000 disques...

Ça s'est terminé comment ?Fin 2008, Charles parlait déjà de quitter le groupe. Il ne supportait pas le fait d'être sur la route. C'est un casanier, un solitaire. Il voulait bien enregistrer le disque, mais pas repartir en tournée. Ça me semblait complètement infaisable que mon partenaire de musique ne vienne pas sur la route avec moi. Mais c'est toujours un super-ami.Vous avez quand même vécu de beaux moments.Ah mais carrément ! Vu comme ça, ça a l'air assez dramatique, mais c'était génial. Les deux plus belles années de ma vie.Comment ça se passe maintenant ?Avant, je venais avec un texte, quelques accords et Charles arrangeait la musique. Il mettait de la couleur dans les morceaux, ce que je n'arrive absolument pas à faire. Il m'a fallu du temps pour me remettre à écrire. Je n'y arrivais plus du tout. Je rentrai chez moi, je prenais ma guitare et m'arrêtais en me disant : « À quoi bon ? »

D'où l'appel au secours à Fabrice Detry ?C'est un des meilleurs musiciens que je connaisse. Il a plein d'idées, même s'il lui faut parfois cinq jours pour se décider.

Des nouveaux venus aussi.Il y a César, l'ex-batteur des Archbishops. Et on vient de trouver un guitariste, Joos Houwen. Un ket de vingt balais qui vient d'Ostende. Je me vois à fond en lui, avant.Vous allez bientôt entrer en studio pour enregistrer. De quoi parlera l'album ?De toute cette histoire avec Charles, évidemment. Il sera sans doute plus triste, même si le premier n'était pas forcément joyeux. Il s'est passé plein de choses dans ma vie. J'habitais encore chez mes parents jusqu'à la fin de la tournée, j'ai déménagé à Bruxelles... Et puis des trucs plus personnels aussi... L'amour... Même si je vais moins le chanter comme un gosse de 16 ans. Les morceaux sont plus écrits. J'ai grandi, j'ai de la barbe maintenant. C'est l'album de la maturité, comme Larusso ! (rires)De quoi faire encore hurler les adolescentes. Ça t'ennuie ?Avoir trois rangées de nanas de 16 ans qui hurlent ton nom, c'est sympa. Mais c'est vrai que c'est pas mal aussi de pouvoir faire un concert où tu t'entends chanter.Prêt à repartir en tournée ?Je pense que ça va être plus simple. On va mieux gérer notre temps, éviter de tourner pendant un an et demi mais plutôt concentrer les concerts. On doit partir aux États-Unis aussi, normalement.

The Tellers en concert au Botanique le 11 mai dans le cadre de la Nuit belge. Vente : 18 ? (15 ? en prévente).

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