Marche-en-Famenne

C'est encore un fameux trois mâts

Il a pris des rides, mais sa voix est intacte . À 78 ans, Hugues Aufray a planté son feu de camp au Wex vendredi. Il vieillit sans fausse note.

Les plus Bretons des Gaumais étaient invités pendant quarante minutes à chauffer la salle avant le show du plus grand animateur de feux de camp du monde. Cré Tonnerre, quelle ambiance!

Alors que dehors, les fans d'Hugues Aufray étaient coincés dans un bouchon qui paralysait les accès au Wex il fallait compter en voiture, 25 minutes pour rallier le centre de Marche à la salle de concerts le groupe Cré Tonnerre entamait le p'tit bouchon.

21 heures. La salle est plongée dans le noir. Sur scène, un bruit de cigales. Il fait chaud, ça tombe bien. Puis, soudain des flammes et des gars qui arrivent une guitare à la main. Plus de six mille bras se lèvent en l'air.

C'est Coluche qui disait «Allumez un feu de camp et Hugues Aufray se pointe» Ben, il n'avait pas tort le brave Michel. Le père de Santiano entame Si tu vas vers le Nord.

Ce sont les retrouvailles de l'homme aux jeans et santiags avec «son» public belge : «Ça fait du bien de me retrouver en Belgique. Sans flagornerie, je vous avouerai que j'avais le temps long. Cela faisait au moins trente ans».

Et voilà le grand Hugues qui se sent obligé de se lancer dans le couplet des anciens combattants. L'ancien prend un ancien volume d'anciennes chansons et ouvre au hasard. Il souffle et voilà qu'un nuage de poussières s'envole! Rires. Il en remet une couche pour les papys qui n'auraient pas compris. Extraits choisis : «J'ai oublié le texte de cette chanson tant ça fait longtemps. Vous savez, quand j'ai écrit ça, beaucoup d'entre-vous étaient petits comme ça. Je me souviens qu'avec ce titre, j'ai été en tête du hit-parade devant Johnny et Eddy en 1961. Et vous les vieux... oups, les anciens..., ça va?»

L'espace de quelques classiques de la chanson française, on a l'impression de voir défiler des années de patro ou de scout à la vitesse du TGV. Les petites perles comme Petit âne gris, Céline, etc. s'enfilent. Hugues ne perd pas le fil.

Le signe indien

S'esquissent alors dans le fond de la scène des signes indiens qui ne trompent pas. On lève le feu de camp et place aux Mohicans du nouvel album Hugh! sorti voici quelques semaines. Les musiciens mettent la sauce. Ils ont la classe et pas un peu. On apprend que deux ont joué avec Sting et Chuck Berry, rien que ça!

Les nouveaux trucs soulèvent moins d'engouement, mais le public est patient. «Allez, chante-nous Santiano!» entend-on.

La plupart des gens sont venus pour cela. Pas facile de faire un nouvel album quand on a traversé les âges comme Hugues Aufray.

Le chanteur ne tarit pas d'éloges pour la qualité de la salle et vers la fin, il annonce qu'il ne fera pas de pot-pourri : «J'ai horreur de ça; d'ailleurs le type qui a inventé ce mot n'aurait pas pu mieux choisir. C'est pourri».

Il sort alors une liste de chansons qu'il... ne chantera pas. Puis lance Stewball et Adieu M. le professeur accompagnés à la cornemuse. Émouvant.

Et puis? Mais c'est bien sûr : Santianopardi ! Un grand moment. Le public se lâche. Il n'y a plus personne assis.

Le grand Hugues donne la touche finale et prend congé. Il promet de revenir bientôt.

23 h 10. Hasta luego l'artiste!