VIRELLES

Virelles : le castor a découvert son nouvel habitat

Hier matin, les responsables de l'ASBL Virelles Nature ont relâché le castor récupéré dans le Canal de Bruxelles la semaine passée.

Après quelqu es jours de revalidation au centre CREAVES de Virelles, l'animal a fait ses premiers pas sur les berges de la réserve naturelle de Virelles, site propice pour le développement de cet individu.

Ce castor adulte d'origine européenne ne sera pas seul à l'étang de Virelles puisque l'on est certain qu'un autre de ses congénères, voire un couple tout au plus, vit sur le site depuis 1999. « Il a été aperçu à plusieurs reprises du côté du ruisseau Nicolas. On a pu voir sa hutte et des traces de bois rongés à proximité. On ignore comment ce castor est arrivé là. On ne sait dire non plus s'il est seul ou en couple. En tout cas, aucune portée n'a été constatée » explique Anne Sansdrap de Virelles Nature.

Des tests ADN ont été effectués pour connaître avec précision l'origine européenne du castor de Bruxelles. Toutefois, son sexe reste incertain, même s'il pourrait s'agir vraisemblablement d'une femelle. « En tout cas nous espérons qu'il s'agira du sexe complémentaire à l'autre individu » commente Roland de Schaetzen, président de l'ASBL Virelles Nature, épaté de voir avec quel calme le castor est sorti de sa cage pour se glisser sur les berges de l'étang. Un couple de castors a une portée de deux à trois petits par an. Les experts de l'espèce estiment que deux familles pourraient occuper les berges de l'étang de Virelles tant sa superficie est grande : 80 hectares d 'eau et 55 hectares de milieux humides.

Pour éviter que les deux individus n'évoluent sur le même territoire, le castor récupéré a été lâché sur la rive sud de l'étang, à quelques mètres de la roselière « C'est à l'opposé du ruisseau Nicolas. La roselière est aussi un milieu propice au castor avec la présence de chenaux, de saules, d'aulnes ... » explique Philippe Plouvier, rassuré du bon déroulement du processus qu'il a suivi depuis le début. Toutefois, si le castor s'est montré paisible, il a choisi de se diriger à l'opposé de la roselière, vers l'Aquascope, se laissant photographier plusieurs minutes avant de disparaître. « Il s'est senti en sécurité dans l'eau. Il a préféré les arbustes des berges aux roseaux. Il va se cacher et prendre ses repères en soirée. »

Le castor est considéré comme un auxiliaire très précieux pour la gestion des milieux humides « Le castor aura un bon impact sur la biodiversité par le fait qu'il entretient les haies le long des ruisseaux, ce qui fixe les berges. En coupant parfois de plus gros arbre, il apporte de la lumière aux ruisseaux, ce qui maintient une diversité de la faune et de la flore au bord de l'étang » commente Anne Sansdrap.

Par la construction de barrage, le castor crée une cascade qui oxygène l'eau d'un côté ; le côté plus calme favorise notamment la reproduction des batraciens et libellules.

Lors du relâcher, les enfants en stage Nature à Virelles ont découvert avec étonnement l'animal dont une réplique géante en genêts trône près du mirador.