BRAINE-LE-CHATEAU

Des obsèques très émouvantes

-(photo EdA)
La cérémonie des funérailles de Frédérique Levêque s'est déroulée samedi dans une grande émotion en l'église Saint-Remy de Braine-le-Château.

Dig nité et émotion, samedi matin en l'église Saint-Remy, place des Martyrs à Braine-le-Château, lors des funérailles de Frédérique Levêque, kinésithérapeute âgée de 46 ans et maman de trois enfants, abattue le 5 mars dernier par les braqueurs d'une bijouterie uccloise.

Près de 700 personnes s'étaient donné rendez-vous dans l'église pour rendre un dernier hommage à la disparue. L'émotion était immense lorsque le cercueil blanc a sur le coup des 10 h fait son entrée sous la nef. Outre une masse d'anonymes, les trois enfants et la famille de Frédérique Levêque, on notait la présence du bijoutier ucclois agressé, la tête toujours ceinte de bandages, des deux policiers ayant procédé à l'arrestation des deux malfrats dans les secondes qui ont suivi les faits, et des autorités communales de Braine-le-Château, notamment.

La messe des funérailles était célébrée par le père Emmanuel Rubasha, curé de Saint-Remy, entouré de six autres prêtres venus des églises voisines. « Frédérique était une femme altruiste. La charité inspirait sa vie. Sa famille, ses enfants, les malades dont elle s'occupait ont pu en bénéficier », a rappelé le père Emmanuel.

Après qu'ait été diffusé l'Hallelujah de Jeff Buckley, le bourgmestre de Braine-le-Château Gérard Lemaire a pris la parole. « Que d'émotion, que de sentiments, que de tristesse ! » Et de citer la lettre écrite en février 1975 par Julos Beaucarne lors de la disparition de sa compagne, Loulou, assassinée de neuf coups de poignard. « Ne perdons pas courage. Je vous demande d'aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Je pense de toutes mes forces qu'il faut s'aimer à tort et à travers. » Et Gérard Lemaire de glisser quelques mots au nom de la population brainoise en émoi. « Ce n'est ni le lieu ni le moment de dénoncer les failles de la justice, ni de proposer des solutions miracles. Il faut donner aux puéricultrices, aux enseignants, aux responsables sportifs et des mouvements de jeunesse, aux familles, les moyens d'inculquer la valeur fondamentale du respect de l'autre. »

Violence absurde

S'adressant aux trois enfants de Frédérique Levêque, Maxime, Julien et Margaux : « Vous aviez une maman merveilleuse, toujours au service des autres, présente à l'école, au club de basket, engagée au sein de la vie de notre village. Elle a été la victime d'une violence absurde. Vous garderez toujours en vous la réserve d'énergie qu'elle y a déposée. » Émotion très vive également lorsqu'une proche de la famille a lu la lettre écrite par les trois enfants de la disparue. « Tu étais une maman courage, une maman sourire, tu étais formidable. Tu as croisé la route de deux sauvages, au mauvais endroit, au mauvais moment. On n'a pas eu le temps de se dire au revoir. Maman, tu ne supportais pas l'injustice. On espère que justice sera faite. » À l'issue de la cérémonie, le père Emmanuel a remercié « les deux policiers qui ont arrêté les bourreaux. » Un important cortège pédestre a ensuite suivi le corbillard jusqu'au cimetière de Braine-le-Château où Frédérique Levêque repose désormais en paix.