Enfants dyslexiques: épreuves du CEB adaptées

60.000 élèves redoublent chaque année. (photo Fotolia)

Les enfants présentant des troubles de l'apprentissage (dyslexie, dyscalculie, etc.) sont défavorisés lors d'évaluations. Bravo à elle  : la Communauté corrige le tir pour juin 2010.

Notre dossier en ligne www.lavenir.net/dyslexie 

 

Ce ne sera pas forcément simple à mettre en place, mais la mesure devrait rencontrer l'adhésion, tant elle veut (enfin  !) corriger une discrimination assez évidente.

Exemple avec les épreuves communes de fin de 6° primaire (donnant accès au certificat d'études de base, ou CEB)  : les enfants présentant des troubles de l'apprentissage pourront désormais bénéficier d'aménagements et d'outils pédagogiques particuliers lors de cette évaluation.

Sont concernés par cette mesure prise par la Communauté française (bravo à elle), les enfants souffrant de dyslexie-dysorthographie, dyscalculie, dysphasie, dyspraxie et dysgraphie, troubles de l'attention, etc.

Jusqu'à présent, ces enfants étaient «  traités  » de la même manière que les autres lors d'épreuves formatives ou certificatives (telles le CEB)  : ils étaient confrontés à des outils pédagogiques identiques.

Pour l'Apeda (*), à l'initiative de la démarche, une disposition qui mettait en cause de manière flagrante le principe même d'égalité.

Les enfants souffrant de troubles de l'apprentissage ne sont pas moins intelligents que d'autres. Ils peuvent développer les mêmes compétences, à condition d'avoir accès à des... méthodes, outils et évaluations adaptés à leur trouble.

Pas un régime de faveur

La Communauté française corrige donc le tir  : pour l'épreuve commune de juin 2010, ces enfants pourront bénéficier des mêmes modalités et outils pédagogiques que ceux mis en place pour eux pendant l'année scolaire. Une mesure qui était déjà valable pour les enfants atteints de déficience (visuelles, auditives, motrices, etc.). Rien à voir, donc, avec un quelconque régime de faveur.

Des exemples  ? Face à des consignes trop longues, un enfant dyslexique perd ses repères. Désormais, on pourra lui lire ces consignes, ou mettre à sa disposition un logiciel de lecture.

Pour un enfant souffrant de dyscalculie, un tableau à deux entrées demandant une lecture à la fois horizontale et verticale pose de gros problèmes. Les données pourront donc lui être présentées de façon linéaire.

Pour un enfant atteint d'un trouble de l'attention, on bannira, par exemple, les énoncés écrits recto verso.

Dossiers à préparer

Qui va jouer les «  arbitres  »  ? La circulaire le précise...

«  Les directions d'école devront signaler à l'inspecteur de leur secteur les enfants atteints de troubles de l'apprentissage et qui ont des besoins spécifiques. Ils devront aussi indiquer les modalités particulières mises en place lors des apprentissages.  »

Ils devront également préciser celles envisagées lors de la passation des épreuves. Et in fine...

«  L'inspecteur sera chargé de valider les propositions des directeurs d'école  », explique la circulaire.

On le voit  : un gros travail de préparation attend dès demain ces derniers, mais aussi les instituteurs. Ensemble, ils vont devoir constituer les dossiers, voire adapter leur pédagogie. Cela sera plus facile pour les établissements accompagnant déjà les enfants souffrant de ce type de troubles.

Parents et thérapeutes seront également mis à contribution, dans le sens où il s'agira de prouver, par un diagnostic en bonne et due forme, que le trouble est durable et permanent. Et qu'une thérapie a été, reste nécessaire pour aider l'enfant.

(*) Apeda  : Association de Parents d'enfants en difficultés d'apprentissage. 02/763 33 78 _

www.apeda.be

La circulaire est disponible depuis hier, lundi, sur le site www.enseignement.be