TOURNAI

Une vraie ruche bourdonnante

-© EDA
Les écoles d'apiculture vivent un certain engouement. À Tournai, ils sont quarante à apprendre les rudiments de l'apiculture à l'école d'horticulture.

Malgré les 28 degrés ambiants, les trente élèves de Jean-Luc Strebelle ont revêtu l'attirail du parfait apiculteur. Veste intégrale blanche, munie d'une moustiquaire à hauteur des yeux, le responsable du rucher école de Tournai explique les travaux de printemps à sa classe. L'homme retourne les cadres à la recherche de la reine, il vérifie si ses sujets se portent bien.

Les cours débutés en septembre à l'école d'horticulture sont entrés dans leur phase pratique : «Les premiers mois nous faisons essentiellement de la théorie, relève Jean-Luc Strebelle. Nous voyons entre autres de la biologie, nous apprenons la législation en matière d'apiculture et nous jetons un oeil sur le calendrier apicole.»

Deux années de formation

Ce même calendrier apicole que les élèves ont l'occasion de voir en pratique une fois l'arrivée de la bonne saison : «Nous sommes vraiment entrés dans le vif du sujet, confirme Jean-Luc Strebelle. Certaines séances sont faites de démonstrations, d'autres constituent de vrais travaux pratiques où les élèves sont à deux par ruche.» Les apprentis apiculteurs sont tous inscrits dans la section apicole de leur région. Ils peuvent ainsi bénéficier d'un système de parrainage : «Les parrains sont souvent des apiculteurs expérimentés qui peuvent aiguiller l'étudiant et aussi lui prêter du matériel qui est souvent cher quand on débute. Généralement, c'est aussi le parrain qui offre le premier essaim.» Dès la fin de leur première année, les élèves apiculteurs ont leur première ruche. L'objectif est clairement qu'ils en aient deux à la fin de leur formation.

Une formation en deux années, faite de 17 séances de trois heures, qui depuis quelques années suscite un certain engouement : «Cette année, ils étaient 40 à s'inscrire à Tournai, sourit le professeur. Ils sont encore 36 à l'heure d'aujourd'hui et malgré les séances théoriques. La contrainte est qu'ils ne peuvent pas manquer plus de trois cours sous peine de ne pas pouvoir passer l'examen.»

Tournai, mais aussi La Hamaide et Roucourt

Le rucher école de Tournai a aujourd'hui atteint sa capacité maximale. La tendance est la même dans les six autres écoles du Hainaut : «En Hainaut occidental, il y a aussi La Hamaide et Rocourt. Nous travaillons en alternance avec eux. C'est-à-dire que lorsque nous sommes en première année, ils sont en deuxième. Cela permet aux gens de se lancer quand ils le désirent.» Malgré le nombre impressionnant d'élève, l'ouverture d'une seconde classe n'est pas à l'ordre du jour : «La raison est qu'il faut suivre tout un cheminement pour être subventionné, explique M. Strebelle. Nous attendons donc de voir s'il s'agit juste d'un effet de mode ou si l'engouement est durable.» Cet engouement Jean-Luc Strebelle l'explique par un retour des abeilles sur le devant de la scène médiatique : «On en parle beaucoup plus qu'avant dans les médias. Les gens retournent à des valeurs plus proches de la nature et on touche d'ailleurs un nouveau public. Avant, les apprentis apiculteurs étaient des pensionnés, désormais on touche toutes les générations.» Pour être apprenti apiculteur, il n'y a pas spécialement de conditions : «Il faut juste avoir plus de dix-huit ans. Pour le reste il n'y a pas d'accès à la profession d'apiculteur mais tout le monde s'accorde pour dire qu'une formation sur les bases est plus que nécessaire.» Mais ces deux années d'apprentissage ne sont pas une fin en soi. «On donne les bases ensuite il faut vraiment expérimenter pour progresser. Il existe aussi des cours de perfectionnement à Charleroi ou à Louvain-la-Neuve», conclut M. Strebelle.

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